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Lc 13, 31-35

Le « renard » Hérode

Voilà un langage bien peu diplomatique ! Pourtant, malgré les menaces évidentes colportées par les Pharisiens, pas si sûr que, dans la bouche de Jésus, ce sobriquet dont Il affuble Hérode ait eu les connotations d’animal « rusé, hypocrite voire sanguinaire » attachées à nos «goupils européens» !

En hébreux, la racine de « renard » signifie : « celui qui creuse des trous ». D’où l’idée suggérée par le Cantique des Cantiques que le renard est un « ravageur de vignes » - 3,15. Rien de bien méchant et, en dépit du meurtre de Jean le Baptiste, Jésus sait qu’Il n’a pas grand-chose à craindre de ce roitelet dépravé, assujetti au pouvoir Romain. Celui qui « chasse » ici, ce n’est pas Hérode, mais Le Christ, engagé dans une lutte sans merci avec les démons ! 

Car depuis son départ pour Jérusalem - Luc 9,51 - Jésus « sait » que ce voyage sera le dernier. Il a le sentiment « qu’Il est à la fin » - Luc 13,32. L’expression est ambigüe. Elle peut tout aussi bien signifier que sa mission est sur le point de s’achever ou qu’elle a atteint son but. Les signes et les prodiges qu’Il réalise durant cette ultime montée vers Jérusalem ne sont-ils pas autant de manifestations de la présence du Royaume de Dieu au milieu des hommes ?

Rien ne l’arrêtera. Surtout pas la perspective de devoir affronter la mort à Jérusalem. Comme chez saint Jean, la détermination du Christ à achever Sa Mission se double de la certitude que rien de pourra entraver sa marche, libre et délibérée, vers Sa Passion, tant que « Son Heure » ne sera pas arrivée. Cette Heure, nul ne peut en décider sinon Le Père et Jésus par son obéissance filiale.

C’est en effet un « homme libre » qui marche vers l’accomplissement de son destin. Rien d’étonnant alors qu’Il ne s’embarrasse pas de la langue de bois du politiquement correct dans ses relations avec « les puissants » comme avec la multitude de ses opposants. Sans jamais blesser mais en plaçant chacun devant ses responsabilités.

Cette liberté, nous la recevons en partage au jour de notre baptême par le don de l’Esprit Saint. Dans les débats qui agitent perpétuellement « le village gaulois », et l’Église, puissions-nous, à la suite du Christ, « aller jusqu’à la fin ». Quoiqu’il puisse nous en coûter.

Ne nous laissons pas enfermer dans des postures idéologiques. En toute chose, ne privilégions pas d’abord nos idées, notre avantage, notre petit confort ou notre tranquillité, mais recherchons « le bien commun ».

Un frère ermite

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