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Lc 14, 15-24

Quand les élus se dérobent.

Voila une parabole qui nous plonge au cœur du « drame divin ». Oui, du « drame » de notre Dieu !

Quoi de plus dramatique en effet que d’assister, impuissant, à la surdité, l’indifférence, la mauvaise volonté…de ses enfants. Les parents d’ados rebelles peuvent avoir une petite idée de ce que nous suggère ici Jésus : voir son enfant aimé et choyé s’enfoncer dans des dérives addictives ou sectaires, refuser toute forme d’autorité et de conseils au nom de sa liberté alors que l’on sait pertinemment que ses choix sont mortifères et destructeurs.

C’est ce que Dieu notre Père vit depuis l’origine de l’humanité.

Les premiers chapitres de la Genèse nous introduisent à ce drame. Après avoir succombé à la tentation, l’homme se cache et Dieu, tel un Père aimant part à sa recherche : Où es-tu ? (Gn 3, 9).

Derrière ce cri, se devine toute l’angoisse de Celui qui sait dans quelle impasse sa créature vient de s’engager.  Ce cri dont l’écho peut s’entendre dans toute la Bible sera claironné aux oreilles du Peuple de Dieu, encore et encore par les prophètes. Comment ne pas l’entendre chez Osée : Quand Israël était jeune, je l’ai aimé et d’Egypte j’ai appelé mon fils… et le prophète de décrire toutes les attentions divines pour Son Peuple. N’est-ce pas Lui qui : lui a appris à marcher, le prenant dans ses bras, le soulevant contre sa joue en signe d’affection… en remerciements de quoi, Dieu ne récolta que l’apostasie d’Israël (11,1 et ss) !

Ne nous empressons pas de juger hâtivement le peuple de la Première Alliance. Nos reniements ne sont sans doute pas moindres si nous les mesurons à l’aune de la Croix qui nous a valu la grâce de devenir membres à part entière du Corps du Christ. Saint Paul, dans la première lecture d’aujourd’hui, nous dresse l’inventaire détaillé de ce à quoi nous oblige l’acceptation de cette appartenance (Romains 12, 5-16a).

Demandons-nous honnêtement si nous ne tournons pas trop facilement le dos à nos obligations de service, de partage, de mise à disposition du plus grand nombre des dons  reçus, d’accueil de ceux qui sont dans le besoin, de simplicité, d’amour et de recherche incessante d’unité ?

Sur chacun de ces points, ne sommes nous pas comme les invités au diner, trouvant de fausses excuses pour nous défiler ? Prompts à remettre à plus tard notre engagement à vivre en membres actifs du Christ ?

Mais soyons en certains : le Seigneur à horreur des « tablées à moitié vide ». Il remplira sa Maison…sans nous.

Un frère ermite

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  • Sandrine G, il y a 49 mois
    Amen
  • Thierry Deogratias, il y a 49 mois
    Comment ça ? Pas de Dieu?
    Notre Pere aime TOUS ces enfants !!!!
    Tous à ces yeux ont du prix, il a donné son fils pour TOUS ces enfants......
    Aucun mis de côtes.....
  • pn fo, il y a 49 mois
    Bonjour Thierry Deogratias. Pour le comprendre, il faut lire la correspondance de Mère Térésa avec ses directeurs spirituels. Avant de se mettre à son travail auprès des plus pauvres des pauvres, elle avait régulièrement des motions de Dieu. Une fois créé, elle n'a plu rien eu. C'était le trou de la foi qu'éprouve certains saint. Cela ne veut pas dire que Dieu n'aime pas mais cela veut dire que l'on ne ressent plus son amour. On ne fait plus les choses parce que l'on ressent que cela fait plaisir à l'autre, et donc cela nous fait plaisir à nous mais c'est un amour complètement désintéressé. Bien à vous.
  • Catherine Anna Barone, il y a 49 mois
    Merci infiniment pour frère ermite et pour vos commentaires
    Un grand merci qui me permets d'avancer
    4godpower carpe deum
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