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Mt 11, 25-30

Trois paroles différentes, mais qui se renvoient l’une à l’autre, constituent ce passage de l’Évangile : l’émerveillement de Jésus devant la pédagogie divine révélée aux petits, le vrai chemin du Fils au Père et la façon de porter notre joug.

Révélé aux enfants mieux qu’aux sages

Jésus a déjà largement expérimenté les oppositions des scribes, savants et religieux de son époque à son message et remarqué que les simples et ceux qui sont comme les enfants saisissent mieux la profondeur des choses. Catherine de Sienne, fêtée en ce jour, était illettrée et n’avait pas fait de théologie. Elle faisait écrire par d’autres ses intuitions lumineuses sur la société de son temps.

La foi n’est pas d’abord affaire de compréhension intellectuelle. Il faut croire pour comprendre, disait saint Augustin, même si comprendre aide ensuite à croire. Les pauvres en esprit de la première béatitude sont ceux qui ont cette « science d’amour », dévoilée par Thérèse de l’Enfant Jésus, clarté du regard et richesse de l’esprit qui n’est pas courante chez les savants. Cela ne diminue pas la nécessité de chercher mais notre vie n’a de poids que de l’amour qu’elle découvre à répondre à l’appel de Jésus : Venez à moi.

Aller au Père avec le Fils

Et être enfant c’est prendre le chemin du Fils pour découvrir un Père, source de notre vie et de tout amour, fondement du bonheur. Seul le Père qui est amour peut nous enseigner l’amour à travers les gestes de son Fils, tout obéissant à son Père. Seul celui qui se laisse faire et qui ne joue pas au plus fort avec Dieu peut connaître ces clés d’un bonheur qui demandent à prendre racine en nous, parce qu’elles préexistent à notre volonté. Cela est enfant et non infantilisé.

Le repos sous le joug

Le joug du Seigneur, paradoxalement ne nous blesse pas, et mieux il semble léger, parce qu’il nous libère progressivement du poids de notre égoïsme et de notre agressivité. Nous peinons sous le joug quand celui-ci est le fruit de notre péché ou des circonstances négatives de notre existence, et de cela le Christ vient nous délivrer.

La douceur et l’humilité des petits restent le moyen de rendre le joug léger. D’autres traductions disent même suaves ! Il y a une façon de se reposer sur le Christ qui change le moyen en donnant une autre fin à nos épreuves. Porter ses épreuves avec le Christ, qui les a toutes portées avant nous, en changent la nature. La croix débouche sur la Résurrection quand elle est portée avec amour, sinon elle reste une effroyable broyeuse de l’humanité.

Ce message évangélique n’est compris que des petits qui connaissent la confiance, la patience et l’espérance. Les fardeaux du Seigneur sont bien plus féconds que les fardeaux du monde, bien qu’ils soient toujours fardeaux. Nous passons notre vie à courir après le repos, il se trouve dans le paradoxe de l’humilité, de la douceur et de la croix de Jésus. Mais qui le croit encore !

Père Michel Martin-Prével, cb

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  • Nicolas ROUYER, il y a 6 mois
    Je crois !
  • Carole Jones, il y a 6 mois
    Il faut aborder les évangiles avec un coeur d’enfant et tout sera plus simple et plus clair
  • Catherine Anna Barone, il y a 6 mois
    J’y crois encore et toujours pour toujours
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