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Mt 5, 17-19

Dans cet évangile tout se joue autour des deux aspects : petit/grand.

Si les rapports entre les tenants de la Loi en Israël et Jésus ont pu paraître compliqués et conflictuels, le Christ, lui, n’a aucun problème avec la Loi. Opposer Jésus à la Loi n’a pas de sens. Le cœur de la question n’est pas là. Saint Jacques interprète bien l’enseignement du Seigneur : si tu juges la Loi, tu ne la pratiques pas, mais tu en es le juge. Un seul est à la fois législateur et juge, celui qui a le pouvoir de sauver et de perdre (Jc. 4, 11).

Il ne s’agit pas seulement de morale ou de droit mais bien de théologie : quelle est la volonté de Dieu ?

Seul, livré à toi-même, éloigné de Dieu, tu es petit. Laisse-toi grandir par Lui, par sa grâce. Ne te laisse pas dominer par une dialectique puérile comme si la Loi étouffait ta liberté. En fait c’est un prétexte pour se servir de la Loi, pour la plier à notre exigence, ultime avatar du péché originel. Là il n’y a plus de confiance en Dieu, plus d’admiration pour l’œuvre de la création. Par contre, une secrète aspiration trace son sillon : usurper la puissance divine, devenir le plus grand par soi-même. Plus besoin de Dieu.

Comment contrer cela, sinon en gardant le cap ? Le cap de la prière, le cap des sacrements, le cap de la charité en actes. Bien souvent nous cherchons des adaptations qui se terminent parfois en compromissions. Attention ! À celui qui a beaucoup reçu il sera beaucoup demandé. À cet égard la charge d’enseignement est redoutable car celui qui commet une erreur n’entraîne que lui mais celui qui enseigne l’erreur en pervertit beaucoup.

Aussi, il faut nous réjouir d’avoir reçu la grâce de la foi et la connaissance de la Loi de Dieu. Mais il faut aussi demander à l’Esprit-Saint les dons de discernement et de conseil. Puis décider d’agir sans crainte et sans lâcheté comme nous y invite la devise attribuée à saint Ignace : « Prie comme si tout dépendait de Dieu et agis comme si tout dépendait de toi !».

Face à la dialectique stérile, le Christ proposera toujours la fécondité de la communion.

Abbé Pierre Boyer

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