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Mt 8, 23-27

Toujours fidèles à notre Mère l’Église

Les trois Évangiles synoptiques font état de deux tempêtes qui se sont brusquement déchaînées sur les eaux habituellement paisibles du lac de Génésareth. Celle dont il est question dans le passage prévu pour la messe d’aujourd’hui est la première, au tout début de la partie du récit que saint Matthieu consacre aux miracles du Seigneur, signes de l’avènement du Royaume. Peu de scènes ont fait l’objet d’autant de commentaires que celle-ci, sous la plume éclairée des Pères de l’Église et d’un grand nombre de saints et d’écrivains ecclésiastiques. En effet, son caractère fortement symbolique n’a pas échappé à nos ancêtres dans la foi, qui nous ont fidèlement transmis les enseignements du Christ. Non seulement en ce qui concerne l’Église, la barque de Pierre ballottée par toute sorte de vents contraires, mais aussi chacun de nous dans sa vie spirituelle.

Compte tenu de l’actualité des derniers mois, pensons surtout aujourd’hui à notre Mère l’Église. Il est opportun de le faire, à un moment de notre histoire où les forces maléfiques semblent se déchaîner contre elle, contre les chrétiens et les vérités les plus solides de notre foi, à un point tel que leurs poussées en arrivent à faire chanceler plus d’un. Or, malgré ce constat pratiquement quotidien, le pape François insiste, dans son dernier document magistériel, sur la jeunesse éternelle de l’Église : « Dans les moments les plus tragiques, elle sent l’appel à retourner à l’essentiel du premier amour » (Exhortation Christus vivit, 25 mars 2019, n° 34). N’est-ce pas là une invitation enthousiasmante ? Retrouver la force du premier amour, les premiers étonnements et les premiers émois, lorsque nous avons découvert personnellement que Dieu nous aime.

C’est donc à cet appel que nous devons répondre à l’heure actuelle, d’autant que nous sommes probablement tentés de penser que notre Dieu nous a abandonnés, qu’il ne s’occupe plus de nous, de son Église, des affaires de ce monde qu’il a pourtant créé et, en fin de compte, de l’établissement de son Règne parmi les hommes. Cependant, quelles que soient nos impressions personnelles, soyons sûrs qu’il n’en est rien. Une femme peut-elle oublier son nourrisson, ne plus avoir de tendresse pour le fils de ses entrailles ? Même si elle l’oubliait, moi, je ne t’oublierai pas, nous dit-il dans le livre d’Isaïe (49, 15). Engagement que le Christ a confirmé peu avant de monter au ciel par une promesse solennelle, la dernière dans le premier Évangile : Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde (Mt 28, 20). Tous les jours, y compris ceux que nous appelons mauvais.

Pensons-y donc… tout en assumant nos responsabilités, chacun les siennes. D’abord et surtout par un surcroît de fidélité aux enseignements du Maître, tels que notre Mère l’Église nous les dispense, sachant pertinemment que ces vérités constituent le roc inébranlable sur lequel il faut toujours bâtir et non pas sur certaines théories ou hypothèses hasardeuses dont la solidité et la consistance ne valent guère plus que celles d’un sable friable. Attitude qui devrait s’accompagner d’un effort pour avancer vers la sainteté à laquelle nos pasteurs nous invitent an nom de Dieu. Mais assumer aussi nos responsabilités par une prière plus fervente et insistante, fidèles à la recommandation de Jésus après l’expulsion d’un démon : Cette espèce-là, rien ne peut la faire sortir, sauf la prière (Mc 9, 29). Soyons sûrs que la prière, notre prière, peut tout obtenir. Notre Seigneur ne nous a-t-il pas dit que si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux (Mt 18, 19) ?

L’une des quatre notes caractérisant la vraie Église du Christ est la « sainteté ». Or, force est de reconnaître que nous en sommes encore bien loin sur le plan personnel. C’est pourquoi notre lutte ascétique personnelle est certainement la meilleure réponse aux défis de notre époque et, dans certains cas, l’unique possible. Mais, justement, la prière en fait partie, compte tenu de la place de choix que Dieu lui réserve dans la vie chrétienne. Ainsi en est-il du conseil que le Christ nous a donné si nous voulons que le peuple chrétien dispose toujours du nombre suffisant de pasteurs : Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson (Mt 9, 38). De nos jours, il pourrait encore nous dire : Priez donc, priez plus que jamais ! puisque mon Église est attaquée et vos convictions mises à rude épreuve.

À tout moment, quelles que soient les vicissitudes de l’époque, invoquons filialement la Vierge Marie, que saint Paul VI a déclarée « Mère de l’Église » et dont le pape François souligne la fidélité et la jeunesse perpétuelle dans le document cité : « Marie resplendit dans le cœur de l’Église. Elle est le grand modèle pour une Église jeune, qui veut suivre le Christ avec courage et docilité » (CV n° 43).

Abbé Alphonse Vidal (Paris)

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  • Fabrice Durnerin, il y a 4 mois
    Merci M. l’Abbé pour cette belle méditation.
  • José Gernigon, il y a 4 mois
    Un grand merci pour cette belle homélie qui nous réconforte
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