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Mt 9, 1-8

Merveilleux évangile qui relativise nos valeurs mondaines et remet toute chose à sa vraie place, sous la lumière de la vérité divine. Soyons honnêtes : qui de nous ne serait davantage ébahi par la guérison miraculeuse d’un paraplégique que par l’absolution reçue d’un quelconque pénitent ? La première nous ferait accourir de loin, sortir notre portable et filmer la scène et elle ferait du buzz sur les réseaux sociaux, quand la seconde nous laisserait indifférents.

Il n’en est pas ainsi pour Jésus, ni pour les assistants de la scène. Ceux-ci se scandalisent d’un blasphème, car, qui peut pardonner les péchés sinon Dieu seul ? Des prophètes ont su réaliser d’étonnants miracles par la force confiante de leur prière, mais aucun n’a prétendu s’arroger le pouvoir divin d’absoudre les péchés. La Bible ne reconnait de fait qu’un seul auteur du pardon des fautes, c’est Dieu. Dieu seul pardonne les péchés, de même que lui seul peut créer. N’est-ce pas du reste, un bel indice de l’œuvre de recréation qui se réalise dans le pardon sacramentel ?

Quant à Jésus, il semble nous donner raison : dire tes péchés sont pardonnés ne coûte rien en apparence, et il est plus sensationnel d’inviter un paralysé à se lever et à marcher. À lire l’évangile de plus près, on constate qu’il n’en est rien. Le Seigneur a commencé par l’essentiel. Il fallait d’abord délivrer cet homme de ses fautes et le réconcilier avec son Père. C’est du reste le cœur de la mission de Jésus et le motif de son mystère pascal. Les scribes ne s’y sont pas trompés : la guérison physique, pour spectaculaire qu’elle soit, n’est qu’une attestation secondaire au vu du geste proprement divin que Jésus a osé ainsi s’attribuer.

La priorité de Jésus est-elle aussi la nôtre ? Sommes-nous plus empressés de soigner notre âme et de nous réconcilier avec le Seigneur, que toute autre chose ? Le recours régulier au sacrement du pardon est-il un incontournable de nos agendas ? Ou passe-t-il après mille autres préoccupations, si tant est qu’il trouve encore place dans nos vies ? Méditons encore cet évangile… Veiller seulement à l’entretien de son corps, à son bien-être psychique, à sa santé intellectuelle, ne serait-ce pas imiter ces sépulcres peints à neuf, mais remplis de putréfaction ? La santé véritable est celle d’un cœur visité par la miséricorde et rendu pleinement à l’amitié de Dieu. Prenons soin de la nôtre.

P. Bernard Minvielle (Notre-Dame de Vie)

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  • Anne, il y a 4 mois
    Magnifique ! A méditer encore et encore !
  • Marie laure de Segonzac, il y a 4 mois
    Seigneur faite que beaucoup médité cette belle méditation
  • Dominique Bronner, il y a 4 mois
    Oh cher monsieur l’abbé merci pour ces mots si justes que vous déposez en nous 😊

    En fait, cela paraît si simple et aussi si bienfaisant ..
    plonger dans la miséricorde sans limite du cœur de Jésus !
    En fait, on a bien besoin de proches qui nous aiment, vivent eux mêmes de la miséricorde de Jesus, nous donnant envie d’en faire de même ..
    on a besoin de notre mère l’Eglise en Marie, pour apprendre à nous nourrir du sacrement de la miséricorde reçu au fil de nos semaines 🌅🌅🌅

    Merci à tous ceux et celles qui nous ont introduit au cœur miséricordieux de Jésus 🌅
  • Guy Fauchille, il y a 4 mois
    Le prix du pardon des peches, de notre péché, Abraham l’a vécu en anticipation, chargeant son fils du bois du supplice et portant la douleur de sacrifier son fils unique : Dieu, lui, a réalisé notre salut dans son mystère pascal!
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