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Mt 9, 18-26

Humilité et confiance

La détermination de cette femme nous enchante : elle s’approche de Jésus par derrière et touche délicatement la frange de son manteau.

Elle a une conscience vive de son indignité. Celle-ci était publique en raison de la mentalité de l’époque concernant le sang répandu par les femmes : malédiction authentique, véritable menace sociale. Ce contexte explique en partie le rite de purification auquel, en Israël, le Lévitique soumettait les jeunes accouchées. Cette femme est malade d’un flux de sang chronique depuis douze ans. Le discrédit, ajouté à la honte de se sentir impure aux yeux de la Loi, la dissuadent d’approcher quiconque, à plus forte raison un rabbi.

Mais elle a une confiance non moins vive en Jésus. Vraisemblablement, elle a entendu parler de sa bienveillance et de ses pouvoirs hors du commun. Elle cherche à le rejoindre, à sa façon, selon sa condition. Elle aurait été réprimandée, voire sanctionnée par les Pharisiens s’ils l’avaient vu intervenir ouvertement. Aussi s’approche-t-elle, mêlée à la foule qui l’entoure, en se disant : Si je parviens seulement à toucher son vêtement, je serais sauvée. « Elle s’est approchée avec foi, elle a cru et elle a su qu’elle avait été guérie », commente saint Ambroise.

Elle nous donne l’exemple des dispositions à nourrir pour que Jésus nous guérisse de notre complaisance avec le péché, véritable « flux de médiocrité » : humilité pour accepter de reconnaître nos manques d’amour, et confiance en la bonté du Seigneur qui est tendresse et pitié (Ps 144).

Nous sommes marqués par le péché originel. Les bonnes dispositions ne coulent donc pas de source. Il faut les entretenir et mériter, comme l’hémorroïsse, les encouragements du Sauveur : Confiance, ma fille, ta foi t’a sauvée ! Jésus incarne toutes les perfections : le pouvoir, la force, la dignité, la gloire, la sagesse, l’amour. En nous unissant à Lui comme un enfant qui s’accroche aux bras robustes de son père, nous capterons les lumières de sa sagesse, nous ressentirons l’influx de sa divinité, et sa force circulera dans nos veines. Alors, la moindre scorie qui nous sépare de Lui nous sera intolérable et nous recourrons régulièrement au sacrement de la réconciliation. Alors nous ne saurons concevoir une semaine sans nous rendre à ce rendez-vous d’amour qui nous offre la Parole et le Pain. Et nous répéterons avec l’Apôtre : Je peux tout en celui qui me rend fort !

Abbé Patrick Pégourier (Lyon)

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