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Lc 10,25-37

Quelle que soit l'origine historique (controversée) des Samaritains, il est bien connu qu'ils étaient méprisés au temps de Jésus. On reprochait à leurs ancêtres, entre autres, d'avoir construit un temple concurrent de celui de Jérusalem, ce qui constituait un crime à tout le moins schismatique, voire hérétique.

Toujours est-il que Jésus ne pouvait guère choisir quelqu'un de plus méprisable aux yeux du docteur de la Loi avec qui il discute. Il ne lui facilite pas les choses.

Mais il n'a pas de raison de prendre des pincettes : il parle avec quelqu'un qui est censé être un spécialiste de la Loi et de la pensée divine, un connaisseur de Dieu. Et ce qu'il reproche à ces professionnels de Dieu, c'est de ne pas connaître Celui qu'ils sont censés enseigner au peuple. Il leur reproche de revendiquer les premières places et les honneurs alors qu'ils sont incapables de guider le peuple dans la volonté de Dieu, bref il leur reproche leur méconnaissance de ce qui est censé être leur spécialité.

Comment ! Ils portent le titre de docteurs de la Loi, et ils en ignorent le premier commandement !?

Ils n'ont pas compris, malgré toutes leurs études, que Dieu aime tout ce qu'il a créé, qu'il ne déteste aucune de ses créatures, mieux encore, qu'il aime toute l'humanité, parce que quelle que soit leur couleur, religion, race, nation ou statut social, c'est Lui qui est à l'origine de chaque être humain, c'est Lui qui l'a voulu, qui lui a donné la vie, et qu'il aime chacun d'entre nous plus qu'une mère n'aime son enfant ?

Non, ils n'ont pas compris cela ?

Alors, s'il faut que Jésus leur explique le b.a-ba de la religion, autant qu'il prenne des exemples saillants. Ce que Dieu nous demande, c'est de nous aimer les uns les autres comme Lui nous aime, parce que Lui nous aime de tout son être. Il nous a aimés jusqu'à devenir l'un de nous et donner sa vie pour nous sauver du péché et de la mort, et ce qu'il a fait pour nous, il nous demande de le faire les uns pour les autres, à fortiori si nous prétendons être ses disciples.

C'est sur l'amour que nous avons les uns pour les autres que nous serons jugés, par sur notre connaissance du catéchisme. Qui peut prétendre aimer Dieu, qu'il n'a jamais vu, s'il méprise son prochain, qu'il voit ?

Celui qui aime tout autre être humain, quel qu'il soit, voilà celui qui fait la volonté de Dieu.

Et il n'y a aucune raison que nous ne cherchions pas à en faire partie, nous qui revendiquons d'être non plus des spécialistes de Dieu, mais ses enfants d'adoption.

p. Fabrice Chatelain, Mallemort

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