Retour La parole de Dieu  
Oraison Lectures Psaume Evangile Méditation

Mt 10, 34-42 ; 11, 1

L’évangile d’aujourd’hui peut s’appliquer à la vie de saint Bonaventure que l’Église honore en ce jour. En effet, on peut dire qu’il  perdit sa vie à cause du Christ !

Une vie qu’il avait reçue deux fois : à la naissance, et, encore bébé, lorsque gravement malade il fut miraculeusement guéri par l’intercession de saint François. Grandir avec la réputation d’être « un miraculé » n’est pas nécessairement un cadeau : certains en auraient tiré orgueil. Lui non. Il vit dans cette divine attention un appel à se perdre en Christ et il eut l’occasion de le faire à plusieurs reprises.

Brillant élève, il a à peine dix-huit ans lorsqu’il arrive à Paris, vers 1235, où la chaire de théologie de la Sorbonne est le centre de la vie intellectuelle européenne : les cours de l’anglais Alexandre de Hales y attirent toute sorte d’étudiants. Parmi eux quelques Franciscains. Leur style de vie interroge et bouscule. Agé de plus de cinquante ans, Alexandre décide de se joindre à eux et va entraîner à sa suite de nombreux élèves. Bonaventure sera de ceux là, en 1243, alors que l’université parisienne se déchire entre tenants des nouveaux Ordres religieux et une tendance plus conservatrice menée par le clergé séculier. C’est un acte courageux car bien malin celui qui peut alors pronostiquer l’issue de la bataille : mais le Christ n’a jamais promis que marcher à sa suite serait une partie de plaisir !

C’est sous l’habit franciscain que Bonaventure deviendra un « maître » respecté de tous, malgré les tensions et sa défense de sa famille religieuse. Il aurait pu s’installer dans cette vie intellectuelle un peu « hors sol », jouir de ses rencontres fraternelles avec son collègue Thomas d’Aquin, mais le vœu d’obéissance qu’il avait prononcé l’appellera à tout sacrifier une nouvelle fois. Les franciscains se sont développés rapidement et leur Règle est un peu floue. Deux tendances s’affrontent : l’une plus monastique, l’autre plus missionnaire. On a besoin de sa sagesse pour pérenniser l’Ordre de saint François et il y ramènera la paix au prix d’incessants voyages. Il y a gagné la réputation de conciliateur. Le pape rêve de réunir Grecs et Latins et l’appelle à siéger au concile de Lyon qui devait sceller cette union. C’est là qu’il meurt et sombre dans l’oubli.

Alors que les premiers saints de l’Ordre sont canonisés sans tarder, lui ne le sera qu’à la fin du XVème siècle, comme si, dernier enseignement de cette vie donnée, le disciple s’effaçait devant son seul Maître : le Christ.

Un franciscain du Bronx

  • 8
  • Ajouter un commentaire