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Mt 12, 14-21

Une fois sortis, les pharisiens se réunirent en conseil contre Jésus pour voir comment le faire périr.

Pourquoi saint Matthieu, notre frère dans la foi, précise-t-il que c’est hors de la synagogue que les pharisiens se mirent à comploter la mort du Seigneur ? Sous la plume des quatre évangélistes, le moindre mot, le plus petit détail est une Révélation pour le croyant et donc une source de progrès vers la sainteté.

Dans le monde hébraïque, la synagogue est le lieu où la communauté des fils d’Israël se réunissait non seulement pour prier mais également pour écouter les paroles de Dieu transmises à Moïse et aux prophètes. La synagogue était le lieu où l’âme et le cœur sont susceptibles d’être touchés par la grâce.

En précisant que les pharisiens se réunir une fois sortis de la synagogue, l’Apôtre saint Matthieu nous révèle que le raisonnement des maîtres de la Loi se faisait en dehors de l’influence divine. Là est le péché fondamental, se déterminer par soi-même en s’éloignant gravement des lumières données par Dieu. En conséquence, leur décision était de tout façon erronée car elle a germé dans l’orgueil et la jalousie. Comme l’écrivait Romano Guardini, en décidant la mort de Jésus, les pharisiens s’apprêtaient à commettre le second péché originel.

La vie trépidante que nous menons tous conduit à prendre d’importantes décisions de plus en plus rapidement. Il y a l’empressement qu’implique l’incessante réactivité professionnelle, il y a également l’anticipation devant les risques multiples sans oublier les nombreuses pressions du quotidien. Tout cela nous plonge dans une zone dangereuse. Petit à petit nous nous habituons à décider en dehors du lieu où les lumières du Seigneur sont données, puis un jour vient la grave erreur de jugement…. et c’est le coup dur qui nous accable !

Il est temps de dire STOP ! Avant de trancher une question, interrogeons-nous : le point de départ du processus de décision est-il la prière ou le tourbillon de certaines logiques délirantes qui mélange orgueil personnel, précipitation et attente de reconnaissance. Écoutons saint Josémaria nous parler : « Comment ! Tu as encore besoin, au point où nous en sommes, de l'approbation, de la chaleur, de la consolation des puissants, pour continuer à faire ce que Dieu veut ? Les puissants sont d'ordinaire versatiles ; toi, tu dois être constant. Sois-leur reconnaissant s'ils t'aident. Et continue imperturbablement s'ils te méprisent. » (Chemin n° 478) 

Frédéric Martin (diocèse de Strasbourg)

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  • Dominique Bronner, il y a 4 mois
    Cher monsieur l’abbé, vos mots sont justes et coupants de vérité ..merci
    N’est-ce pas dans le silence de notre maison intérieure qu’en Jesus nous apprenons à réconcilier le temps court si pressant et le temps long de l’homme et de l’amour ?
    Prier, aimer.. et essayer de décider au mieux.. n’est-ce pas la marque de l’enfant de Dieu que nous sommes ?
    ..il faut bien la vie ici pour l’apprendre 🌅🌅🌅 !
  • pn fo, il y a 4 mois
    Bonjour. Merci pour cette très belle méditation. C'est vrai que beaucoup des décisions que l'on doit prendre, dépendent de personnes que l'on ne connaît pas bien. Or qui peut les connaître mieux que Dieu ? Alors on peut lui demander conseil. Bien à vous.
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