Retour La parole de Dieu  
Oraison Lectures Psaume Evangile Méditation

Lc 10, 1-9

Le saint pape Jean-Paul II a ouvert la paternité spirituelle de l’Europe à d’autres saints fondateurs. Ainsi pour sa partie orientale, avec les évangélisateurs des slaves, Cyrille et Méthode, formés à Constantinople qui, au 9ème siècle, ont adapté la liturgie avec l’emploi de la langue slave pour évangéliser ces peuples de l’orient. Il parlait des deux poumons de l’Europe pour l’orient et l’occident, façon adroite de parler de la différence, dans l’unité qui doit prévaloir pour ce continent, surtout que le poumon sert à inspirer le bon air de l’Évangile pour l’expirer dans la mission. Ce que ces deux saints ont parfaitement réalisé.

Travailler à l’Unité de l’Église

Les ennemis n’ont pas manqué pour s’élever contre cette première atteinte apparente à l’unité liturgique. Passer du latin au slavon était emblématique d’une querelle plus profonde qui déchirera l’Église en 1054 à cause d’approches théologiques et surtout spirituelles différentes. Le Seigneur ne cesse pas pour autant d’envoyer des missionnaires deux par deux, comme le rappelle Luc, à tous ceux qui sont destinés à la vie éternelle, pour devenir croyants. Les querelles peuvent demeurer dans l’Église et en même temps les païens être dans la joie et rendre gloire à la Parole du Seigneur. Il s’agit d’un miracle constant que la moisson arrive à se faire, bien que les chrétiens ne soient pas un, comme le Père et le Christ sont Un. La moisson est abondante, les ouvriers peu nombreux et en plus ils se « chipotent » sur leurs mœurs liturgiques !

Mode opératoire du parfait évangélisateur

Tout d’abord, être deux par deux, car l’un prie quand l’autre évangélise directement. Comme Cyrille qui devint moine et Méthode qui continua à travailler à la mission en terre slave. Cela évite le narcissisme ou l’orgueil quand on peut être repris et corrigé par son compagnon dans la correction fraternelle. Ensuite y aller sans beaucoup de ressources, car la pauvreté est la vertu de ceux qui se savent le mieux dépendants de leur Dieu, et donc sûrs de pas faire leur volonté propre. Enfin se préparer à être agneau au milieu des loups. Le propre du salut chrétien repose sur l’offrande de quelques-uns pour obtenir l’adhésion de tous les autres. Dix justes auraient suffi pour sauver Gomorrhe. Plus tard, un seul Juste mourant sur la croix a suffi pour sauver l’humanité entière. Malgré tout, il reste des moments sympathiques pour le missionnaire quand il est accueilli dans des maisons où il peut partager la paix du Seigneur et quand il constate que Dieu le devance auprès des malades et des pauvres. Goûter au Royaume qui est déjà là est le grand salaire du missionnaire.

Père Michel Martin-Prével, cb

  • 29
  • Ajouter un commentaire