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Lc 12, 39-48

Vous aussi, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra.

L’année liturgique court vers sa fin. L’appel à la vigilance qui retentit dans l’évangile d’aujourd’hui va se répéter et se cristalliser lors de l’Avent. Nous serons invités à vivre dans l’attente douce et fébrile de l’avènement du Seigneur – le retour du Maître – en entrant dans la joie de la première venue à Noël.

Le risque serait de n’en rester qu’à un rappel annuel. Si Jésus s’appuie sur des faits de la vie quotidienne pour nous inviter à la vigilance, c’est pour que cette attitude soit ordinaire. Nous n’assisterons pas forcément à son second avènement de notre vivant. Nous ferons partie très probablement des défunts que nous commémorerons en novembre avant que la gloire du Christ soit manifestée à tous les hommes.

Pour nous préparer à la venue du Fils de l’homme, il nous faut suivre ses pas : servir Dieu et les hommes par notre prière et nos actions. Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. Nous comptons pour y arriver sur l’aide d’un être vigilant, priant et agissant sans cesse devant le Trône de Dieu : l’ange gardien.

Il se démène comme un beau diable – vous me pardonnerez l’expression – pour nous aider à accueillir le Seigneur lors de notre rencontre définitive avec lui. Il nous inspire sans cesse des sentiments de conversion qui, si nous les suivons, nous permettrons d’être prêts.

Le témoignage d’un prêtre bénédictin, dom Boniface Admont, est éclairant à ce sujet. Alors qu’il remplaçait en 1944 un curé dans une paroisse souabe (donc sur le territoire allemand), il fit à plusieurs reprises l’expérience de la sollicitude des anges gardiens. La plus marquante pour lui, il la raconte ainsi :

« Le 13 avril, la veille du dimanche du Bon-Pasteur, un garçon du lycée est venu me voir à la paroisse pendant la récréation du matin et m'a dit : « J'ai une heure de libre, puisque la prochaine leçon est suspendue. Je ne me suis pas confessé depuis longtemps. Puis-je le faire maintenant ? » C'était un garçon bon et respectueux, mais il avait été abîmé pendant la période nazie et les troubles de l'après-guerre, et s'était éloigné des sacrements. Il s'est agenouillé et s'est préparé à se confesser. C'était un garçon intelligent et profond, et il n'avait pas besoin de livres. Il s'est préparé dans le recueillement pendant une dizaine de minutes et j'en ai profité pour préparer mentalement mon sermon sur le "Bon Pasteur". Puis il est venu me voir, s'est agenouillé et s’est confessé. Je lui ai parlé du "Bon Pasteur" qui prend ses brebis sur ses épaules et les ramène au bercail. Mais j'ai remarqué qu'il n'aimait pas le mot "brebis" comme terme de comparaison ; je lui ai donc parlé de la Résurrection et de la victoire retentissante du Christ sur la mort et le diable. Je me souviens encore très bien qu'il me regardait avec ses yeux noirs, comme si quelque chose de son avenir lui était présent. Après l'absolution, il est allé à l'église pour prier. »

En fait, lors de cette récréation, il partait jouer au foot avec ses camarades de classe. Mais une voix intérieure l’invitait à se rendre à l’église pour y trouver un prêtre. Il se laissa porter par cette voix.

« Le lendemain matin, il a fait la Sainte Communion pendant la première messe. J'ai été frappé par son recueillement et sa sérénité. Il vivait près de l'église. Je venais de célébrer une autre messe et j'étais encore dans la sacristie quand j'ai entendu les coups d’une mitrailleuse. »

Un avion avait pris pour cible des jeunes qui observaient avec des jumelles son passage au-dessus du village.

« J'ai pris l'huile sainte et je suis sorti, et on m'a dit où je devais aller : c'était dans la cour voisine, qui appartenait aux parents du garçon. Quelle image déchirante ! Des jeunes regardaient les avions avec des jumelles ; un avion était descendu encore plus bas et leur avait tiré dessus. Un jeune homme a perdu un pied, les autres ont été blessés. Le garçon qui avait communié le matin se tenait près du mur de la maison sans être remarqué par personne. Je l'ai vu tout de suite et je l'ai porté dans la maison. Sur le seuil, il m'a regardé, a baissé la tête et est mort. Je lui ai immédiatement donné l'huile sainte. Une balle lui avait transpercé le cœur. Il était maintenant parti à la rencontre du Bon Pasteur. Le Christ, vainqueur de la mort, l'avait accueilli dans son royaume de lumière. Un jour, son ange lui avait fait comprendre, alors que ses compagnons jouaient au football, d'aller purifier son âme avec le sacrement de la pénitence, et il avait fait la Sainte Communion juste avant de mourir. »

Abbé Fabio Quartulli (Toulouse)

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  • Dominique Bronner, il y a 3 mois
    Seuls les mots du silence prolongent simplement vos mots ..merci à vous cher mondieur l’abbé 🌅🌅🌅
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