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Apprendre à prier

Quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.

Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé.

Matthieu 6, 6

 

 

Il arriva que Jésus, en un certain lieu, était en prière. Quand il eut terminé, un de ses disciples lui demanda : « Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean le Baptiste, lui aussi, l’a appris à ses disciples. » Il leur répondit : « Quand vous priez, dites : Père, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne. Donne-nous le pain dont nous avons besoin pour chaque jour. Pardonne-nous nos péchés, car nous-mêmes, nous pardonnons aussi à tous ceux qui nous ont des torts envers nous. Et ne nous laisse pas entrer en tentation. »

Jésus leur dit encore : « Imaginez que l’un de vous ait un ami et aille le trouver au milieu de la nuit pour lui demander : “Mon ami, prête-moi trois pains, car un de mes amis est arrivé de voyage chez moi, et je n’ai rien à lui offrir.” Et si, de l’intérieur, l’autre lui répond : “Ne viens pas m’importuner ! La porte est déjà fermée ; mes enfants et moi, nous sommes couchés. Je ne puis pas me lever pour te donner quelque chose.” Eh bien ! je vous le dis : même s’il ne se lève pas pour donner par amitié, il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami, et il lui donnera tout ce qu’il lui faut.

Moi, je vous dis : Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira. Quel père parmi vous, quand son fils lui demande un poisson, lui donnera un serpent au lieu du poisson ? ou lui donnera un scorpion quand il demande un œuf ? Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! »

Luc 11, 1-13

 

 

Si tu savais le don de Dieu ! (Jn 4,10). La merveille de la prière se révèle justement là, au bord des puits où nous venons chercher notre eau : là, le Christ vient à la rencontre de tout être humain, il est le premier à nous chercher et c'est lui qui demande à boire. Jésus a soif, sa demande vient des profondeurs de Dieu qui nous désire. La prière, que nous le sachions ou non, est la rencontre de la soif de Dieu et de la nôtre. Dieu a soif que nous ayons soif de Lui.

Catéchisme de l’Église catholique n° 2560

 

 

Mes enfants, vous avez un petit cœur, mais la prière l’élargit et le rend capable d’aimer Dieu. La prière est un avant-goût du Ciel, un écoulement du paradis. Elle ne nous laisse jamais sans douceur. C’est un miel qui descend dans l’âme et adoucit tout. Les peines se fondent devant une prière bien faite, comme la neige devant le soleil. 

Saint Curé d'Ars

Il faut savoir avant tout, que si l'âme cherche Dieu, son Bien-aimé, qui est Dieu, la cherche avec infiniment plus d'amour.

Saint Jean de la Croix

 

 

L’homme porte en lui une soif d’infini, une nostalgie d’éternité, une recherche de beauté, un désir d’amour, un besoin de lumière et de vérité, qui le poussent vers l’Absolu ; l’homme porte en lui le désir de Dieu. Et l’homme sait, d’une certaine façon, qu’il peut s’adresser à Dieu, il sait qu’il peut le prier. Saint Thomas d’Aquin, l’un des plus grands théologiens de l’histoire, définit la prière comme l’«expression du désir que l’homme a de Dieu». Cette attraction vers Dieu, que Dieu lui-même a placée dans l’homme, est l’âme de la prière, qui revêt ensuite tant de formes et de modalités selon l’histoire, le temps, le moment, la grâce et même le péché de chaque orant. L’histoire de l’homme a, en effet, connu diverses formes de prière, car il a développé différentes modalités d’ouverture vers l’Autre et vers l’Au-delà, si bien que nous pouvons reconnaître la prière comme une expérience présente dans chaque religion et culture.

Benoit XVI, Catéchèses sur la prière

 

 

Vivre selon le Saint-Esprit, c'est vivre de foi, d'espérance et de charité; c'est laisser Dieu prendre possession de nous et changer radicalement notre cœur pour le faire à sa mesure. Une vie chrétienne mûre, profonde et forte ne s'improvise pas; elle est le fruit de la croissance en nous de la grâce de Dieu. L'état de la communauté chrétienne des premiers temps nous est décrit dans les Actes des Apôtres en une phrase brève mais pleine de sens : Ils se montraient assidus à l'enseignement des apôtres, fidèles à la communication fraternelle, à la fraction du pain et aux prières.

Voilà comment vécurent les premiers chrétiens et comment nous devons vivre. La méditation de la doctrine de la foi jusqu'à la faire nôtre, la rencontre avec le Christ dans l'Eucharistie, le dialogue personnel — c'est-à-dire une prière sans anonymat — face à face avec Dieu, doivent constituer la substance ultime de notre conduite. (…) Cette doctrine s'applique à n'importe quel chrétien, parce que nous sommes tous également appelés à la sainteté. Il n'y a pas de chrétiens de deuxième catégorie, obliges à mettre en pratique un Évangile au rabais. Nous avons tous reçu le même baptême et, s'il est vrai qu'il existe une grande diversité de charismes et de situations humaines, il n'y a qu'un seul et même Esprit, qui distribue les dons divins, une même foi, une même espérance et une même charité.

Nous pouvons par conséquent nous appliquer cette question de l'Apôtre : Ne savez-vous pas que vous êtes un temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous ?, et la recevoir comme une invitation à entretenir des rapports plus personnels et plus directs avec Dieu.

Saint Josémaria Escriva, Homélie “Le Grand Inconnu”

 

 

L’oraison mentale n’est, à mon avis, qu’un commerce intime d’amitié où l’on s’entretient souvent seul à seul avec ce Dieu dont on se sait aimer.

Sainte Thérèse d’Avila

 

 

L'oraison est un échange entre deux amours : celui que Dieu nous porte, celui que nous avons pour Lui. […] Dieu Amour, toujours en action, nous sollicite et nous attend. Mais il est immuable : c'est notre amour qui doit aller vers Lui. L'orientation de cet amour vers Dieu, sa recherche amoureuse, la rencontre de notre amour avec Dieu-Amour, le commerce affectueux qui s'établit aussitôt : voilà ce qu'est l'oraison.

Bienheureux Marie-Eugène, Je veux voir Dieu

 

 

L'oraison est un échange entre deux amours : celui que Dieu nous porte, celui que nous avons pour Lui. […] Pour aller à la rencontre de cet Amour qui est Dieu, nous avons la grâce sanctifiante, de même nature que Dieu […] Dieu Amour, toujours en action, nous sollicite et nous attend. Mais il est immuable : c'est notre amour qui doit aller vers Lui. L'orientation de cet amour vers Dieu, sa recherche amoureuse, la rencontre de notre amour avec Dieu-Amour, le commerce affectueux qui s'établit aussitôt : voilà ce qu'est l'oraison.

Bienheureux Marie-Eugène, Je veux voir Dieu

 

 

Qu'est-ce que la prière ? On pense généralement que c'est un dialogue. Dans un dialogue, il y a toujours un « je » et un « tu ». Dans la prière, le « Tu » commence par une majuscule. L'expérience de la prière nous apprend que si, au début, le « je » nous semble l'élément le plus important, nous nous apercevons ensuite que la réalité est différente : c'est le « Tu » qui est le plus important, car notre prière a son origine en Dieu... c'est l'Esprit saint qui vient au secours de notre faiblesse. Quand nous nous mettons à prier, nous avons l'impression que nous prenons l'initiative. Mais la prière est toujours une initiative de Dieu en nous... Cette initiative nous rend à notre véritable humanité et à notre vocation singulière. Elle nous introduit dans la dignité supérieure des enfants de Dieu, objet de toute la création.

Saint Jean-Paul II, Entrez dans l’espérance

 

 

Eh bien, ô âme, la plus belle des créatures de Dieu, toi qui désires si ardemment savoir où se trouve ton Bien-Aimé, afin de le chercher et de t’unir à lui, voici qu’on te le dit : Tu es toi-même la demeure où il habite, la retraite où il se cache. Voici que le Royaume de Dieu est au-dedans de vous (Lc 17,21). Réjouis-toi, exulte en ton recueillement, dans la compagnie de Celui qui est si proche de toi. Adore-le en toi-même et garde-toi de le chercher au dehors. La seule difficulté, c’est que tout en résidant en toi, il y demeure caché. […]

Ton Époux bien-aimé est le trésor caché dans le champ de ton cœur, ce trésor pour lequel le sage marchand a donné tous ses biens (Mt 13,44). Tu sais maintenant ce que tu as à faire pour trouver Dieu dans la retraite de ton cœur. Cherche-le dans la foi et l’amour. La foi et l’amour sont les deux conducteurs d’aveugles qui te mèneront par des chemins inconnus de toi jusqu’aux secrets abîmes de Dieu.

Saint Jean de la Croix

 

 

Quand nous regardons Dieu, nous sommes éblouis par la lumière qui en jaillit et nous adorons… Jésus nous éclaire : il nous dit que Dieu est Père, son Père. Oh ! avec quel amour il en parle, Jésus ! Quel est ce Père ? C’est Dieu en tant qu’origine de tout. C’est le Père de miséricorde, le Père de lumière, la Source de tout. C’est l’Infini vivant, le buisson ardent dont la flamme crépite et dont toute la lumière émane : voilà le Père, c’est l’unique bien. L’amour nous saisit, nous enveloppe, mais nous dépasse.

Bienheureux Marie-Eugène, En marche vers Dieu

 

 

Pour prier comme il faut, […] cherchez sans délai une compagnie. Mais quelle meilleure compagnie que celle du Maître qui nous a enseigné la prière […] ? Représentez-vous Notre-Seigneur tout près de vous, et voyez avec quel amour, quelle humilité, il vous instruit. Croyez-moi, séparez-vous le moins possible d’un si excellent ami. Si vous prenez l’habitude de l’avoir près de vous, s’il voit que vous agissez ainsi par amour, et que vous vous efforcez de lui plaire, vous ne pourrez plus, comme l’on dit, vous défaire de lui. Il ne vous abandonnera jamais, il vous aidera dans toutes vos difficultés, vous le trouverez partout

Sainte Thérèse d’Avila

 

 

Figurez-vous quelqu'un qui est aveugle ou qui est dans l'obscurité. Il parle à une personne. Il sait qu'il est en sa présence parce qu'il a la certitude qu'elle est là, mais il ne la voit pas. Ainsi en était-il de moi quand je pensais à Notre-Seigneur.

Sainte Thérèse d’Avila

 

 

Dans la prière, à chaque époque de l’histoire, l’homme se considère lui-même, ainsi que sa situation face à Dieu, à partir de Dieu et par rapport à Dieu, et il fait l’expérience d’être une créature qui a besoin d’aide, incapable de se procurer toute seule l’accomplissement de sa propre existence et de sa propre espérance. Le philosophe Ludwig Wittgenstein rappelait que «prier signifie sentir que le sens du monde est en dehors du monde». Dans la dynamique de cette relation avec celui qui donne un sens à l’existence, avec Dieu, la prière trouve l’une de ses expressions typiques dans le geste de se mettre à genoux. C’est un geste qui contient en lui-même une ambivalence radicale: en effet, je peux être contraint de me mettre à genoux — condition d’indigence et d’esclavage —, mais je peux également m’agenouiller spontanément, en déclarant ma limite et, donc, mon besoin d’un Autre. C’est à lui que je déclare être faible, nécessiteux, «pécheur». Dans l’expérience de la prière, la créature humaine exprime toute la conscience de soi, tout ce qu’elle réussit à saisir de sa propre existence et, dans le même temps, elle se tourne entièrement vers l’Être face auquel elle se trouve, elle oriente son âme vers ce Mystère dont elle attend l’accomplissement des désirs les plus profonds et l’aide pour surmonter l’indigence de sa propre vie. Dans le fait de regarder un Autre, de se diriger «au-delà» se trouve l’essence de la prière, comme expérience d’une réalité qui dépasse ce qui est sensible et contingente.

Benoit XVI, Catéchèses sur la prière

 

 

Traitez avec lui comme avec un père, un frère, un maître – choisissez tantôt une manière, tantôt une autre – ; lui-même vous enseignera ce que vous devez faire pour le contenter. […] Rappelez-vous qu’il est très important pour vous d’avoir compris cette vérité : le Seigneur est au-dedans de nous, au plus profond de nous-mêmes, restons avec lui.

Sainte Thérèse d’Avila

 

 

Voilà notre richesse, voilà notre espérance : la pensée de Dieu, l’amour de Dieu, pas seulement un amour pour l’humanité, mais l’amour de Dieu pour chacun de nous.

Bienheureux Marie-Eugène, En marche vers Dieu

 

 

Si nous savons contempler le mystère du Christ, si nous nous efforçons de le voir avec des yeux limpides, nous nous rendrons compte que, même maintenant, il nous est possible d'entrer dans l'intimité de Jésus, corps et âme. Le Christ nous a clairement montré le chemin : le Pain et la Parole; nous nourrir de l'Eucharistie, connaître et accomplir ce qu'Il est venu nous apprendre, et en même temps parler avec Lui dans la prière. 

(…) Il est parti, et Il nous envoie le Saint-Esprit, qui dirige et sanctifie notre âme. Le Paraclet, en agissant en nous, confirme ce que le Christ nous annonçait : que nous sommes enfants de Dieu ; que nous n'avons pas reçu un esprit d'esclaves pour retomber dans la crainte, mais un esprit de fils adoptifs qui nous fait nous écrier : Abba, Père !

Voyez-vous ? C'est la l'action de la Trinité dans nos âmes. Tout chrétien peut accéder à cette inhabitation de Dieu au plus intime de son être, s'il répond à la grâce qui nous pousse à nous unir au Christ dans le Pain et la Parole, dans la Sainte Hostie et dans la prière.

Saint Josémaria Escriva, Homélie “L’Ascension du Seigneur au ciel”

 

 

L'oraison épousera les formes mouvantes de nos dispositions. La tristesse, la joie, les préoccupations, la maladie ou seulement la fatigue qui rendent impossible l'activité ou du moins la maîtrise de telle ou telle faculté, diversifieront [cet échange d’amitié].

Suivant les tempéraments ou même les heures, il sera triste ou joyeux, ému ou insensible, silencieux ou expansif, actif ou impuissant, prière vocale ou recueillement paisible, méditation ou simple regard, oraison affective ou impuissance douloureuse, élévation d'esprit ou étreinte d'angoisse […] ; et parmi ces modes ou oraisons diverses, la meilleure pour lui sera celle qui l'unira le mieux à Dieu et lui assurera l'aliment le meilleur pour son développement et pour l'action […] Indépendante des formes extérieures déterminées d'avance, l'oraison thérésienne ne connaît d'autre loi que la libre expression de deux amours qui se rencontrent et se donnent l'un à l'autre.

Bienheureux Marie-Eugène, Je veux voir Dieu

 

 

L'oraison est la prière de l'enfant de Dieu, du pécheur pardonné qui consent à accueillir l'amour dont il est aimé et qui veut y répondre en aimant plus encore (cf. Lc 7,36-50 19,1-10). Mais il sait que son amour en retour est celui que l'Esprit répand dans son cœur, car tout est grâce de la part de Dieu. L'oraison est la remise humble et pauvre à la volonté aimante du Père en union de plus en plus profonde à son Fils bien-aimé.

Catéchisme de l’Église catholique n° 2712

 

 

C'est dans ce climat de miséricorde de Dieu que se déroule l'existence du chrétien. C'est dans ce cadre que se situent ses efforts pour se comporter en fils du Père. Et quels sont les principaux moyens qui permettent à la vocation de s'affermir ? je t'en signalerai aujourd'hui deux, qui sont comme les axes vivants de la conduite chrétienne: vie intérieure et formation doctrinale — connaissance profonde de notre foi.

Vie intérieure, tout d'abord: bien peu comprennent encore ce mot. Quand on entend parler de vie intérieure, on pense à l'obscurité du temple, quand ce n'est pas à l'atmosphère raréfiée de certaines sacristies. Depuis plus d'un quart de siècle, je dis que ce n'est pas cela. je parle de la vie intérieure des chrétiens courants, que l'on rencontre habituellement en pleine rue, à l'air libre, et qui, dans la rue, à leur travail, dans leur famille, dans leurs moments de loisir demeurent, tout au long du jour, attentifs à Jésus-Christ. Qu'est-ce que cela, sinon une continuelle vie de prière? N'as-tu pas compris qu'il te fallait être une âme de prière, grâce à un dialogue avec Dieu qui finit par t'assimiler à Lui ? Voilà la foi chrétienne telle que les âmes de prière l'ont toujours comprise: devient Dieu celui qui' veut les mêmes choses que Dieu.

Au début, cela te coûtera: il faut faire un effort pour se tourner vers le Seigneur, pour Le remercier de sa tendresse paternelle de chaque instant, envers nous. Mais, peu à peu, l'amour de Dieu devient sensible bien que ce ne soit pas une question de sentiment comme une empreinte dans notre âme. C'est le Christ qui nous poursuit amoureusement : voici que je suis à ta porte, et que je t'appelle. Comment va ta vie de prière ? N'éprouves-tu pas le besoin, pendant la journée de parler plus calmement avec Lui? Ne Lui dis-tu pas: tout à l'heure je Te raconterai, tout à l'heure je parlerai de cela avec Toi ?

Dans les moments que nous consacrons spécialement à ce dialogue avec le Seigneur, notre coeur s'élargit, notre volonté s'affermit, notre intelligence, aidée par la grâce, imprègne de réalités surnaturelles les réalités humaines. Tu en tireras toujours des résolutions claires, pratiques, pour améliorer ta conduite et faire preuve envers tous les hommes d'une délicatesse pleine de charité, et te consacrer à fond, avec la ténacité des bons sportifs, à cette lutte chrétienne faite d'amour et de paix

La prière devient constante, comme le battement du cœur, ou celui du pouls. Il n'y a pas de vie contemplative sans cette présence de Dieu et, sans vie contemplative, il ne sert pas à grand-chose de travailler pour le Christ, car les efforts de ceux qui construisent sont vains si Dieu ne soutient la maison.

Saint Josémaria Escriva, Homélie “La vocation chrétienne”

 

 

Je suis devant Dieu, je n’ai ni pensées, ni sentiments, je suis dans la sécheresse, je puis me replier sur moi-même ou penser : « Je m’en vais ». Le véritable mouvement que doit nous inspirer le sentiment de notre faiblesse, c’est de nous porter vers Lui et de dire : « Le bon Dieu est puissant, infini, moi, je ne suis rien… je n’ai pas un brin d’amour, alors je vais me tourner vers lui pour qu’il me comble. Il va tout me donner. »

Bienheureux Marie-Eugène, Je veux voir Dieu

 

 

Aimez la prière. Ressentez souvent le besoin de prier et ayez le souci de prier. C’est en priant plus souvent que vous prierez mieux. La prière élargit le cœur jusqu’à ce qu’il soit capable de contenir le don que Dieu fait de Lui-même. Demandez et cherchez : votre cœur sera capable de Le recevoir et de Le garder.

Sainte Mère Térésa.

 

 

Il y a plusieurs définitions de la prière. Mais on l’appelle le plus souvent un colloque, une conversation, un entretien avec Dieu. En conversant avec quelqu’un, non seulement nous parlons, mais aussi nous écoutons. La prière est donc aussi une écoute. Elle consiste à se mettre à l’écoute de la voix intérieure de la grâce. À l’écoute de l’appel. Et alors, comme vous me demandez comment le Pape prie, je vous réponds: comme tout chrétien: il parle et il écoute. Parfois, il prie sans paroles, et alors il écoute d’autant plus. Le plus important est précisément ce qu’il “entend”. Et il cherche aussi à unir la prière à ses obligations, à ses activités, à son travail, et à unir son travail à la prière. Et de cette manière, jour après jour, il cherche à accomplir son “service”, son “ministère”, qui lui vient de la volonté du Christ et de la tradition vivante de l’Église.

Saint Jean-Paul II (Paris, Parc des Princes, 1 juin 1980)

 

 

Et maintenant, ravivez votre attention. Tout homme veut comprendre ; personne qui n’ait ce désir. Mais tous nous ne voulons pas croire. On me dit : « Je veux comprendre pour croire. » Je réponds : « Crois pour comprendre. » ; voici donc une discussion qui s’élève entre nous et qui va porter tout entière sur ce point : « Je veux comprendre avant de croire », me dit l’adversaire ; et moi je lui dis : « Crois d’abord et tu comprendras. » Pour trancher le débat, choisissons un juge. Parmi tous les hommes à qui je puis songer, je ne trouve pas de meilleur juge que l’homme que Dieu lui même a choisi pour interprète. En pareille matière et dans un débat de ce genre, l’autorité des littérateurs n’a rien à faire ; ce n’est pas au poète de juger entre nous, c’est au prophète.

Tu disais : « J’ai besoin de comprendre pour croire » ; et moi : « Crois d’abord pour comprendre. » La discussion est engagée ; allons au juge ; que le prophète prononce ou plutôt que Dieu prononce par son prophète. Gardons tous deux le silence. Il a entendu nos opinions contradictoires ; « Je veux comprendre, dis-tu, pour croire » ; « Crois, ai-je dit, pour comprendre », et le prophète répond : Si vous ne croyez pas, vous ne comprendrez pas (Is 7, 9).

Par conséquent, mes très chers frères, cet homme que j’ai pris comme adversaire et avec lequel j’ai engagé une discussion qui a été portée au tribunal du prophète, n’a pas tout à fait tort de vouloir comprendre avant de croire. Moi qui vous parle, en ce moment, si je parle, c’est pour amener aussi à la foi ceux qui ne croient pas encore. Donc, en un sens, cet homme a dit vrai quand il a dit : « Je veux comprendre pour croire » ; et moi également je suis dans le vrai quand j’affirme avec le prophète : « Crois d’abord pour comprendre. » Nous disons vrai tous les deux : donnons-nous donc la main ; comprends donc pour croire et crois pour comprendre ; voici en peu de mots comment nous pouvons accepter l’une et l’autre ces deux maximes : comprends ma parole pour arriver à croire, et crois à la parole de Dieu pour arriver à la comprendre.

Saint Augustin, Sermon 43

 

 

Prier, nous le savons tous, c'est parler avec Dieu ; mais de quoi, demandera-t-on peut-être, de quoi donc, si ce n'est des choses de Dieu et de celles qui remplissent notre journée ? De la naissance de Jésus, de son chemin sur cette terre, de sa vie cachée et de sa prédication, de ses miracles, de sa Passion Rédemptrice, de sa Croix et de sa Résurrection. Puis, en présence du Dieu unique en trois Personnes, avec la Médiation de sainte Marie et l'intercession de saint Joseph, Notre Père et Seigneur — que j'aime et que je vénère tant —, nous parlerons de notre travail de tous les jours, de notre famille, de nos amis, de nos grands projets et de nos petites misères.

Le thème de ma prière, c'est ma vie. C'est ainsi que je procède et, lorsque je considère ma situation, une résolution surgit tout naturellement, ferme et décidée : celle de changer, de devenir meilleur et d'être plus docile à l'amour de Dieu. Une résolution sincère, concrète, et qui s'accompagnera toujours d'une demande pressante, mais pleine de confiance, à l'Esprit Saint, pour qu'Il ne nous abandonne pas, car tu es, Seigneur, ma citadelle.

Nous sommes des chrétiens ordinaires, nous exerçons les professions les plus variées; nos activités empruntent des voies ordinaires; tout se déroule selon un rythme prévisible. Nos journées semblent toutes pareilles, presque monotones... C'est vrai, mais cette vie, qui paraît si commune, a une valeur divine; elle intéresse Dieu, car le Christ veut s'incarner dans nos occupations, et animer jusqu'aux plus humbles de nos actions.

Saint Josémaria Escriva, Homélie “La sainte Vierge, cause de notre joie”

 

 

Aujourd’hui, je voudrais parler d’un aspect limité de la vie de la prière qui est la vie du contact avec Dieu, c’est-à-dire la méditation. Et que signifie la méditation ? Cela signifie «faire mémoire» de ce que Dieu a fait et ne pas oublier ses nombreux bienfaits (cf. Ps 103, 2b). Souvent, nous ne voyons que les choses négatives ; nous devons garder en mémoire également les choses positives, les dons que Dieu nous a faits, être attentifs aux signes positifs qui viennent de Dieu et nous en souvenir. Nous parlons donc d’un type de prière qui, dans la tradition chrétienne, est appelé «oraison mentale», (…) d’une méditation qui n’est pas faite de paroles, mais qui est une prise de contact de notre esprit avec le cœur de Dieu. Et Marie est ici un modèle très réel. L’évangéliste Luc répète plusieurs fois que quant à Marie, elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur» (2, 19; cf. 2, 51b). Gardienne qui n’oublie pas, Elle est attentive à tout ce que le Seigneur lui a dit et fait, et médite, c’est-à-dire qu’elle prend contact avec diverses choses, elle les approfondit dans son cœur.

(…) Le mystère de l’incarnation du Fils de Dieu et de la maternité de Marie est si grand qu’il exige un processus d’intériorisation de la part de Marie, qui cherche à en approfondir la compréhension, à en interpréter le sens, à en comprendre les aspects et les implications. Ainsi, jour après jour, dans le silence de la vie ordinaire, Marie a continué de conserver dans son cœur les admirables événements successifs dont elle a été le témoin, jusqu’à l’épreuve extrême de la Croix et la gloire de la Résurrection. Marie a vécu pleinement son existence, ses devoirs quotidiens, sa mission de Mère, mais elle a su maintenir en elle un espace intérieur pour réfléchir sur la parole et sur la volonté de Dieu, sur ce qui avait lieu en Elle, sur les mystères de la vie de son Fils.

Benoit XVI, Catéchèses sur la prière

 

 

Le Christ s'intéresse à ce travail que nous devons réaliser — mille et mille fois — au bureau, à l'usine, à l'atelier, à l'école, aux champs, lorsque nous exerçons un métier manuel ou intellectuel. Le Christ s'intéresse aussi à ce sacrifice caché qui consiste à ne pas déverser sur les autres le fiel de notre mauvaise humeur.

Pensez à cela dans la prière. Profitez-en pour dire à Jésus que vous L'adorez, et c'est alors que vous serez pleinement contemplatifs au milieu du monde, parmi les bruits de la rue : partout. Voilà la première leçon que nous pouvons tirer de notre commerce intime avec Jésus-Christ. Cette leçon, c'est Marie qui saura le mieux nous l'enseigner, car la sainte Vierge a toujours conservé cette attitude de foi, de vision surnaturelle à l'égard de tout ce qui survenait autour d'elle : elle gardait fidèlement tous ces souvenirs en son cœur

Supplions aujourd'hui sainte Marie de nous rendre contemplatifs, de nous apprendre à bien comprendre les appels incessants que le Seigneur renouvelle à la porte de notre cœur. Prions-la : Mère, tu nous as amené Jésus sur cette terre, Lui qui nous révèle l'amour de Dieu notre Père ; aide-nous à Le découvrir, au milieu des multiples occupations de chaque jour ; apprends à notre intelligence et à notre volonté à écouter la voix de Dieu et les appels de la grâce.

Saint Josémaria Escriva, Homélie “La sainte Vierge, cause de notre joie”

 

 

Toutes nos prières doivent être animées, soutenues par cette certitude que rien ne nous manquera puisque le Père nous aime, puisque Jésus notre Frère nous aime, puisque l’Esprit Saint, l’Amour substantiel, est en nous pour nous éclairer, pour nous assister à tout moment.

Bienheureux Marie-Eugène, En marche vers Dieu

 

 

Il est Roi et Il désire régner sur nos cœurs d'enfants de Dieu. Mais ne pensons pas aux royautés humaines; le Christ ne domine pas et Il ne cherche pas à s'imposer, car Il n'est pas venu pour être servi mais pour servir. Son royaume, c'est la paix, la joie, la justice. Le Christ, notre Roi, n'attend pas de nous de vains raisonnements, mais des actes, car ce n'est pas celui qui dit Seigneur, Seigneur ! qui entrera au royaume des cieux, mais celui qui fait la volonté de mon Père du ciel, celui-là entrera.

Il est Médecin et il soigne notre égoïsme si nous laissons sa grâce pénétrer jusqu'au fond de notre âme. Jésus nous a montré que la pire des maladies est l'hypocrisie, l'orgueil, qui pousse à dissimuler les péchés personnels. Avec ce Médecin, il est indispensable d'être d'une sincérité totale, d'expliquer entièrement la vérité, et de dire : Seigneur, si Tu veux — et Tu le veux toujours — Tu peux me guérir. Tu connais ma faiblesse ; je ressens ce symptôme, je souffre de telles faiblesses. Et nous lui montrons simplement les plaies ; et le pus, s'il y a du pus. Seigneur, Toi qui as soigné tant d'âmes, fais que, en Te possédant dans mon cœur ou en Te contemplant dans le Tabernacle, je Te reconnaisse comme Médecin divin.

Il est Maître d'une science que Lui seul possède : celle de l'amour sans limites de Dieu et, en Dieu, de tous les hommes. (…) Jésus attend que naisse en nous le désir d'acquérir cette science, pour nous répéter : celui qui a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive. Et nous répétons : apprends-nous à nous oublier nous-mêmes, pour penser à Toi et à toutes les âmes. De cette manière, le Seigneur nous fera avancer par sa grâce, comme lorsque nous commencions à écrire — vous rappelez-vous ces bâtons de notre enfance, guides par la main du maître ? — et nous commencerons ainsi à goûter le bonheur de manifester notre foi, cet autre don de Dieu, par une conduite chrétienne ferme, dans laquelle tous pourront lire les merveilles divines.

Saint Josémaria Escriva, Homélie “L’Eucharistie, mystère de foi et d’amour”

 

 

Suivant les tempéraments, [cet échange] d'amitié prendra une forme intellectuelle, affective ou même sensible. L'enfant mettra son amour surnaturel pour Jésus dans un baiser, un sourire envoyé au tabernacle, une caresse à l'Enfant-Jésus, une expression de tristesse devant le crucifix. L'adolescent chantera son amour pour le Christ et le développera en utilisant les expressions et les images qui frappent son imagination et ses sens […]
L'oraison épousera le

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