Retour Le Saint du jour  

Sainte Agnès


On ne dispose pas d’informations concordantes concernant cette toute jeune fille, dénoncée comme chrétienne et martyrisée sous Dioclétien au début du 4ème siècle. Il semble qu’en raison de son refus d’apostasier, elle ait été condamnée, attachée à un poteau, au supplice affreux des ongles de fer avant d’être décapitée. On ne connaît pas exactement son nom, ou celui-ci se perdit dans la poussière des siècles. De nos jours, on aurait pu l’appeler « mademoiselle âge tendre ». Les chrétiens de l’Empire dans lequel se répandit la nouvelle de son martyre, virent en elle une incarnation de « l’Agneau sans tache » qui donne sa vie avec générosité, par amour pour son Dieu ; et rapidement, elle est devenue « Agnès ».
Le mystère qui entoure sa mort, la cruauté de ses bourreaux, le contraste entre sa candeur enfantine et la fermeté de sa résolution d’être fidèle à sa foi ont fait d’elle un personnage de légende. L’Église de Rome entoure sa mémoire d’énormément d’affection : elle est inscrite au canon romain de la sainte messe ; ses restes furent recueillis et portés dans une villa de la via Nomentana (au nord-est de la Ville éternelle) transformée, après la paix constantinienne, en la basilique de Sainte-Agnès-hors-les-Murs ; il y a aussi, place Navone en plein cœur de Rome, l’église Sant’Agnese in Agone, à l'endroit même où s'élevaient les arcades du stade de Domitien, là où la tradition latine place l'exposition et le supplice de la jeune chrétienne ; en outre, le jour de sa fête, le 21 janvier, le Pape a coutume de bénir les agneaux dont la laine sert à tisser les palliums que reçoivent les nouveaux archevêques métropolitains.
On rapporte qu’à un jeune homme qui la demandait en mariage, elle aurait répondu : « Depuis longtemps je suis fiancée à un Époux céleste et invisible ; mon cœur est tout à Lui, je Lui serai fidèle jusqu'à la mort. En L'aimant, je suis chaste ; en L'approchant, je suis pure ; en  Le possédant, je suis vierge ». Aussi Ambroise de Milan la compare-t-il à l’une des jeunes filles sages de la parabole de l’Évangile, qui s’avance à la rencontre du Christ, non couronnée de fleurs mais de vertus.
Le message d’Agnès n’est-il pas en mesure d’ouvrir la perspective à notre culture marquée au coin de l’utile et de l’intérêt ? Devant elle en effet s’ouvrait un avenir riche de promesses. Elle partait dans la vie avec de nombreux atouts : jeunesse, beauté, situation sociale… Elle aurait pu « en profiter ». Mais à tout cela, elle préfère le Seigneur, dans une adhésion loyale, amoureuse et joyeuse au « Christ dont la beauté fait pâlir l'éclat des astres. C'est à Lui, à Lui seul, que je garde ma foi ».

Abbé Patrick Pégourier (Lyon)