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Saint Pierre Damien


Dernier d’une noble famille très nombreuse et très pauvre, Pierre nait à Ravenne en 1007. Il est assez mal accueilli dans la vie, et sa mère refuse même de l’allaiter. Ses parents meurent alors qu’il est encore un enfant, et un de se frères l’adopte. Le traitant mal, il s’en sert de serviteur et lui fait garder ses cochons. Un autre frère, Damien, pris de pitié devant tout cela recueille chez lui Pierre et décide d’en prendre soin. Par reconnaissance, Pierre se fera désormais appeler « Pierre-Damien ».
Il fait ensuite de très brillantes études, et choisit d'être moine au monastère de Font Avellano dont il devient Abbé, avec une réputation de sagesse et de grande fermeté. C’est surtout son combat contre le comportement condamnable d’une grande partie du clergé, simoniaque, incontinent, sans piété ni dévotion, qui le fait connaître, et qui pousse l’empereur à lui demander de rejoindre le Pape Clément II à Rome pour l’aider à combattre les problèmes de l’Eglise. Dans cette époque troublée où les Papes et les antipapes se disputent, où le clergé est plus attaché aux richesses du monde qu’aux richesses spirituelles, Pierre-Damien essaye sans cesse de corriger les situations. Il est détesté par beaucoup, qui voient leur petit business s’écrouler et des pénitences sévères les remettre dans le droit chemin. Il intervient auprès d’empereurs, d’impératrices, de Papes, de paroisses, de monastères, d’évêques, chaque fois pour remettre de l’ordre.
Le Pape suivant, Etienne IX, le veut comme cardinal. Pierre refuse en voyant combien les honneurs et le pouvoir peuvent corrompre. Le Pape le menace d’excommunication s’il persiste dans son refus. Pierre se soumet, et les 15 dernières années de sa vie, il est donc cardinal, œuvrant encore et toujours à travers des conciles, des synodes etc. au redressement de l’Eglise. A plusieurs reprises il veut démissionner, cela lui est toujours refusé. Il fait trop de bien dans les âmes et dans l’Eglise pour s’en priver. Menacé d’une pénitence de 100 ans s’il se démet, fatigué, usé, il accepte la sentence et se retire, épuisé dans son cher monastère d’Avellano. Là, pour expliquer son geste au nouveau Pape Alexandre II, il écrit: « Mes yeux se voilent, mes larmes coulent toujours plus abondantes, les rides sillonnent mon visage, toutes mes dents tombent, ma mâchoire est une ruine. Ma tête à peine grisonnante jusqu’ici est maintenant d’une blancheur de neige, mes forces s’en vont. Une seule chose, ô honte, me reste encore dans ma vieillesse : toute une lignée de vices ».
Il sera encore sollicité pour résoudre d’autres conflits, l’empereur et le Pape lui demandent souvent des conseils, il écrit beaucoup, et après plusieurs voyages où il aura encore à se battre pour la gloire spirituelle de l’Eglise, il meurt le 22 février 1072. Sur son tombeau cette épitaphe qu’il avait lui-même composée : « Ce que tu es, je le fus ; ce que je suis, tu le seras… De grâce, souviens-toi de moi. Regarde avec pitié ces cendres de Pierre. Prie, pleure, et dis : Seigneur, épargnez-le ».
A la suite de saint Pierre-Damien, prions pour que les prêtres soient des saints nous montrant sans cesse le chemin du ciel.

Avec l’aimable autorisation de l’abbé Benoît Jullien de Pommerol.