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Jn 14, 27-31a

Heureux les artisans de paix !

Le passage évangélique prévu pour aujourd’hui nous renvoie, une nouvelle fois, au Sermon sur la montagne, ce texte fondateur de la Nouvelle Alliance. Concrètement à une des huit béatitudes : Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu (Mt 5, 9). En effet, ne lisons-nous pas dans les textes choisis pour la messe de ce mardi une des affirmations du Christ où il est question de la paix ? Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne (Jn 14, 27). Ces mots sont tellement importants qu’ils sont repris, littéralement, chaque jour à la messe. Le prêtre les prononce peu avant la Communion : « Seigneur Jésus-Christ, tu as dit à tes apôtres : “je vous laisse la paix, je vous donne ma paix” ».

Un premier commentaire pourrait souligner dans cette phrase le passage de l’article défini ou déterminé (« la » paix) au possessif (« ma » paix). Il faut dire que l’article déterminé, « la », possède déjà en lui-même une énorme force. Car, selon les grammairiens, l’article défini sert à introduire une catégorie générale d’êtres ou de choses. Ce qui signifie qu’il ne s’agit pas de n’importe quelle paix, mais précisément d’une bien déterminée, la paix du Christ. Encore une idée reprise à la messe au moment de s’offrir la paix : « La paix du Christ ». D’où la précision que notre Seigneur a ajoutée juste après : Ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Quelle paix, en effet, le monde donne-t-il d’habitude ? Malgré la bonne volonté de tous, ce n’est pas toujours la vraie paix, mais plutôt un compromis, nous pourrions même dire une sorte de « pacte de non-agression ».

Or, les exigences du Christ vont bien au-delà de cette attitude, dans la vie de tous les jours, qu’on pourrait qualifier de non-belligérante. Dans la septième béatitude, le Seigneur parle des artisans de paix, de ceux qui font tout leur possible pour instaurer et préserver partout la paix. D’où peut-être un premier point d’examen pour nous. Sommes-nous de vrais artisans de paix ? Il le faudrait, toujours et en tout, en particulier à la maison, mais aussi dans la vie de la cité, dont nous faisons partie : travail, vie sociale, transports, etc. Pour que notre examen aille au fond de choses, nous pourrions nous demander : Est-ce que je laisse derrière moi des cœurs apaisés ou des cœurs troublés, voire meurtris, bien sûr involontairement de ma part ? Parce que j’ai voulu avoir le dernier mot, celui qui montre au monde que j’ai raison dans une discussion ou à l’heure d’exposer un point de vue ou une hypothèse. Seulement, le prix à payer est peut-être un peu lourd, puisque je risque de provoquer de l’inquiétude chez mes interlocuteurs.

Ajutons qu’à l’heure de chercher la vraie paix, nous devons tenir compte de nos traits caractéristiques personnels : tempérament, caractère, état d’âme, circonstances du moment… Notre profil et, mieux encore, son influence sur nos attitudes de fond, afin justement que la vertu chrétienne de charité ait toujours le dessus. Je me permets de citer un mot très éclairant de saint Josémaria, fin connaisseur du cœur humain et apôtre de la paix. Ce sera pour nous une bonne conclusion de notre petite méditation du jour : « Chacun d’entre nous a son caractère, ses goûts personnels, son humeur — sa mauvaise humeur, parfois — et ses défauts. Chacun a également des côtés agréables dans sa personnalité, raison pour laquelle, de même que pour bien d’autres, chacun peut être aimé. La vie en commun est possible quand chacun essaie de corriger ses déficiences et s’efforce de ne pas attacher d’importance aux fautes de l’autre : c’est-à-dire quand l’amour existe, qui annule et surmonte tout ce qui pourrait être faussement motif de séparation ou de divergence. En revanche si on dramatise les moindres différends et qu’on se lance à la figure les défauts et les erreurs commises, c’en est fini de la paix et on court le risque de tuer l’amour » (Entretiens avec Mgr Escriva, n° 108).

 

C’est certainement une bonne résolution pour nous tous, à confier à notre Mère la Vierge Marie, que nous invoquons dans les litanies de Lorette comme « Reine de la Paix ».

Abbé Alphonse Vidal (Paris)

  • 30
  • pn fo, il y a 40 heures
    Bonjour. Quand arrive la comparaison, c'est qu'il n'y a plus l'Amour. Bien à vous.
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