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Autres prières

Saint Cyprien de Carthage   (3ème siècle)

Mes frères bien-aimés, ranimons notre foi, fortifions notre âme, préparons-nous à accomplir la volonté divine et, bannissant toute crainte de la mort, songeons à l'immortalité qui doit la suivre. Que notre conduite s'accorde avec notre croyance : ne pleurons plus la perte de ceux qui nous sont chers et, quand l'heure du départ sonnera pour nous, allons, sans hésitation et sans retard auprès du Dieu qui nous appelle. […]

Considérons, mes frères bien-aimés, que nous avons renoncé au monde, et que nous sommes sur la terre comme des étrangers et des voyageurs. Saluons le jour qui assigne à chacun son domicile véritable, le jour qui nous délivre des liens de cette vie pour nous rendre au Paradis et au royaume céleste.

Qui donc, vivant sur la terre étrangère, ne se hâterait de revenir vers sa patrie ? Quel homme, traversant les mers pour rejoindre sa famille, ne désirerait un vent favorable pour embrasser plus tôt ces êtres si chers ?

Notre patrie c'est le Ciel : là se trouvent nos ancêtres, c'est-à-dire, les patriarches ; pourquoi ne pas nous hâter de jouir de leur vue ? Là nous attendent ceux qui nous sont chers : nos pères, nos frères, nos fils, l'assemblée entière des bienheureux, assurée de son immortalité, mais inquiète de notre salut. Quel bonheur pour eux et pour nous de se rencontrer, de se réunir à nouveau ! Quelle volupté d'habiter le royaume céleste sans craindre de mourir et avec la certitude de vivre éternellement !

Peut-il exister une félicité plus complète ? Là, se trouve l'assemblée glorieuse des apôtres, le chœur des prophètes, le peuple innombrable des martyrs victorieux dans les combats et dans la souffrance. (…)  Hâtons-nous, mes frères, de nous joindre à cette auguste assemblée ; souhaitons d'être bientôt avec eux en présence du Christ.

Que cette pensée soit connue de Dieu ; que le Christ, notre maître, la trouve gravée dans nos cœurs. Plus nos désirs seront ardents, et plus la récompense qu'il nous destine sera abondante.

 

 

Saint Ambroise   (4ème siècle)

Le Christ est tout pour nous : si tu as besoin de secours : il est la force. Si tu crains la mort : il est la Vie. Si tu désires le ciel : il est le chemin. Si tu fuis les ténèbres : il est la Lumière. Si tu as faim : il est la Nourriture.

 

 

Saint Augustin   (5ème siècle)

Ne pleure pas si tu m'aimes.

Si tu savais le don de Dieu et ce que c'est que le Ciel. Si tu pouvais d'ici entendre le chant des Anges et me voir au milieu d'eux. Si tu pouvais voir se dérouler sous tes yeux les horizons et les champs éternels, les nouveaux sentiers où je marche ! Si, un instant, tu pouvais contempler comme moi la Beauté devant laquelle toutes les beautés pâlissent.

Quoi, tu m'as vu, tu m'as aimé dans le pays des ombres et tu ne pourrais ni me revoir, ni m'aimer dans le pays des immuables  réalités !

Crois-moi, quand la mort viendra briser tes liens comme elle a brisé ceux qui m’enchaînaient et, quand un jour que Dieu connaît et qu'il a fixé, ton âme viendra dans ce ciel où l'a précédée la mienne, ce jour-là tu me reverras, tu retrouveras mon affection épurée. À Dieu ne plaise qu'entrant dans une vie plus heureuse,
infidèle aux souvenirs et aux vraies joies de mon autre vie, je sois devenu moins aimant.

Tu me reverras donc, transfiguré dans l'extase et le bonheur, non plus attendant la mort, mais avançant d'instant en instant avec toi dans les sentiers nouveaux de la Lumière et de la Vie.

Essuie tes larmes et ne pleure plus si tu m'aimes.

 

 

Saint Jean de la Croix   (16ème siècle)

Ce qui se passe de l'autre côté, quand tout pour moi aura basculé dans l'Éternité... Je ne le sais pas !

Je crois, je crois seulement qu'un grand Amour m'attend. Je sais pourtant qu'alors, pauvre et dépouillé, je laisserai Dieu peser le poids de ma vie.

Mais ne pensez pas que je désespère... Non, je crois, je crois tellement qu'un grand Amour m'attend. Maintenant que mon heure est proche, que la voix de l'Éternité m'invite à franchir le mur, ce que j'ai cru, je le croirai plus fort au pas de la mort. C'est vers un Amour que je marche en m'en allant, c'est vers son Amour que je tends les bras, c'est dans la vie que je descends doucement.

Si je meurs ne pleurez pas, c'est un Amour qui me prend paisiblement.

Si j'ai peur... et pourquoi pas ? Rappelez-moi souvent, simplement, qu'un Amour m'attend. Mon Rédempteur va m'ouvrir la porte de la joie, de sa Lumière.

Oui, Père ! voici que je viens vers toi comme un enfant, je viens me jeter dans ton Amour, ton Amour qui m'attend.

 

 

Prière de Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix 

Dieu notre Père, bénis l’esprit humilié de ceux qui sont oppressés par la souffrance, la solitude pesante des âmes profondes, l’être inquiet des hommes et la souffrance qu’une âme n’ose confier à aucune âme sœur. Et bénis cette bande d’exaltés ténébreux qui ne craignent pas le fantôme de chemins inconnus.

Bénis la détresse des hommes qui meurent en cette heure, donne-leur, Dieu de bonté, une fin paisible, bienheureuse. Bénis tous les cœurs, surtout les cœurs affligés. Seigneur, aux malades donne soulagement ; aux tourmentés, la paix.

À ceux qui emportent leur amour dans la tombe, apprends-leur à oublier. Ne laisse aucun cœur dans la peine du péché sur toute la terre. Bénis ceux qui sont heureux, Seigneur. Garde-les sous Ta protection.

Tu ne m’as pas encore enlevé le vêtement de deuil. Il pèse parfois lourdement sur mes épaules fatiguées mais si Tu donnes la force, alors je le porterai, expiant, jusqu’à la tombe.

Bénis ensuite mon sommeil, le sommeil de tous les morts. Souviens-toi de la souffrance que Ton Fils endura pour moi dans son angoisse mortelle. Ton Être plein de miséricorde pour toutes les détresses humaines donne à tous les morts le repos dans Ta paix éternelle. Ainsi soit-il. 

 

 

William Blake   (+1827)

Un voilier passe dans la brise du matin et part vers l'océan. Il est la beauté, il est la vie. Je le regarde jusqu'à ce qu'il disparaisse à l'horizon.

Quelqu'un à mon côté dit : "Il est parti !" Parti ? Vers où ? Parti de mon regard. C'est tout... Son mât est toujours aussi haut, Sa coque a toujours la force de porter sa charge humaine. Sa disparition totale de ma vue est en moi, pas en lui.

Et juste au moment où quelqu'un près de moi dit : "il est parti !" Il en est d'autres qui, le voyant poindre à l'horizon et venir vers eux,  s'exclament avec joie : "Le voilà !"...

C'est cela la mort. Il n'y a pas de morts, il y a des vivants sur les deux rives.

 

 

Charles Péguy   (+1914)

Le fil n'est pas coupé.

La mort n'est rien.

Je suis seulement passé dans la pièce à côté. Je suis moi, vous êtes vous.

Ce que nous étions les uns pour les autres, nous le sommes toujours.

Donnez-moi le nom que vous m'avez toujours donné.

Parlez de moi comme vous l'avez toujours fait. N'employez pas un ton différent, ne prenez pas un air solennel et triste. Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble. Priez, souriez, pensez à moi, priez pour moi.

Que mon nom soit prononcé comme il l'a toujours été, sans emphase d'aucune sorte, sans une trace d'ombre.

La vie signifie tout ce qu'elle a toujours signifié. Elle est ce qu'elle a toujours été.

Le fil n'est pas coupé.

Pourquoi serais-je hors de votre pensée simplement parce que je suis hors de votre vue ?

Je vous attends.

Je ne suis pas loin, juste de l'autre côté du chemin. Vous voyez, tout est bien.

 

 

Henry Scott Holland   (+1918)

L'amour ne disparaît jamais. La mort n’est rien. Je suis seulement passé dans la pièce d’à côté.

Je suis moi, tu es toi : Ce que nous étions l’un pour l’autre, nous le sommes toujours. Donne-moi le nom que tu m’as toujours donné. Parle-moi comme tu l’as toujours fait. N’emploie pas un ton différent. Ne prends pas un air solennel ou triste. Continue à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.

Prie, souris, pense à moi, prie pour moi.

Que mon nom soit prononcé à la maison comme il l’a toujours été, sans emphase d’aucune sorte, sans trace d’ombre. La vie signifie tout ce qu’elle a toujours signifié. Elle est ce qu’elle a toujours été. Le fil n’est pas coupé. Pourquoi serais-je hors de ta pensée ? Parce que je suis hors de ta vue ?

Je t’attends, je ne suis pas loin, juste de l’autre côté du chemin. Tu vois tout est bien.

 

 

Frère Joseph Follet, o.p.   (+1972)

Au bout de la route, il n'y a pas la route mais le terme du pèlerinage.

Au bout de l'ascension, il n'y a pas l'ascension mais le sommet.

Au bout de la nuit, il n'y a pas la nuit mais l’aurore.

Au bout de l'hiver il n'y a pas l'hiver mais le printemps.

Au bout de la mort, il n'y a pas la mort mais la Vie.

Au bout du désespoir, il n'y a pas le désespoir mais l'Espérance.

Au bout de l'humanité, il n'y a pas l'homme mais l'homme-Dieu, le Seigneur Jésus.

 

 

Marthe Robin   (+1981)

La mort : c'est la grâce des grâces et le couronnement de notre vie chrétienne.

Elle n'est pas une fin comme, hélas encore trop le pensent, mais le commencement d'une belle naissance. Elle ne marque pas l'heure de la dissolution d'une créature, mais son véritable développement son plein épanouissement dans l'amour.

Elle complète notre possession dans la vie divine, en supprime les obstacles, qui, ici-bas, nous empêchent d'en jouir à notre aise. Elle nous permet de vaquer librement à l'Eternel Amour, d'avoir conscience qu'Il se donne à nous et de demeurer à jamais en Lui... Quand je pense à la mort prochaine, je me dis: ''tant mieux, bientôt j'irai voir le Bon Dieu !''

 

 

Yves Duteil  

Où s’en vont ceux qui nous manquent ? Nous accompagnons leurs corps jusqu’en terre et puis après ?...

Nous fleurissons leur mémoire, nous leur parlons comme s’ils étaient encore là, quelque part, inaccessibles mais présents, bienveillants et sages. Que donnerait-on pour une réponse, un conseil de leur part, un mot pour dire… « Je veille sur vous » ?

Et il nous suffit de les évoquer pour qu’ils nous sourient dans notre plus beau souvenir, de leur visage le plus lumineux. Nos absents nous accompagnent. On ne peut rien leur cacher puisqu’ils nous regardent avec nos propres yeux. C’est une étrange et intime conviction que l’on ne peut partager qu’avec ceux que l’on aime, dans la confiance de n’être pas raillé, mais, au contraire, conforté.

Ceux qui nous manquent remplissent le vide de leur absence par une présence silencieuse et tendre. Toujours disponibles, ils sont auprès de nous, derrière nos paupières closes, dans les moments de doute ou de peur, dans les joies profondes.

Dans la douleur de les avoir perdus, il y avait cette impuissance à les retenir, à les aider, à les accompagner. Dans le chagrin de leur absence, on a le sentiment d’être guidés par eux, de leur conférer un rôle qu’ils n’ont ainsi jamais perdu.

En fermant les yeux, ils nous laissent leur regard, à la façon d’une boussole. Peut-être ont-ils besoin eux aussi de nos pensées, de nos lumières, pour éclairer leur route ? Le chagrin n’est que le revers de l’amour. Mais c’est encore de l’amour. Qu’il serait « triste de n’être plus triste sans eux… ».

Au Panthéon de nos cœurs, nos absents ont toujours raison. Si l’on devait faire le portrait du bonheur, il aurait parfois le visage du chagrin, et la quiétude bienveillante de ceux qui nous ont quittés mais qui veillent sur nous tendrement. C’est une image apaisante pour s’endormir, pour s’orienter, ou se perdre dans leur sourire. Il y a un peu d’infini dans cet amour-là. Ceux qui nous manquent semblent si sereins, si proches, comme en apesanteur…

Est-ce qu’ils trouvent en nous leur chemin vers ailleurs ? Alors les vivants deviendraient la maison de ceux qu’ils ont aimés. Et si un jour ils n’existent plus pour personne, auront-ils vraiment disparus ?

Se sentir aimé de son vivant, c’est savoir qu’il existe quelque part un après, un moyen de poursuivre la route ensemble. L’absence n’est pas qu’un vide. C’est aussi de l’amour qui nous accompagne. Servir encore, être utile à quelqu’un… Un beau destin pour nos absents…

 

 

Rituel des funérailles

Seigneur, nous le savons bien : tes pensées ne sont pas nos pensées et ton regard déborde le nôtre, infiniment. Mais nous croyons aussi que tu es avec nous : avec nous contre la mort, avec nous pour la Vie. Nous croyons sue, seule, ta Parole peut vaincre la mort. Toi, le Vivant, toi seul peux faire aboutir la vie.

Au moment où la mort nous oblige à la vérité, seule, ta Parole peut se saisir de notre misère, toi seul peux libérer en nos corps mortels les énergies de la Vie éternelle.

En Jésus Christ, ton Fils bien aimé, tu t’es lié à nous d’une alliance indestructible, et tu as voulu que sa résurrection soit le commencement de la nôtre. Ce que tu as promis, la mort ne l’annulera pas ; ce que tu as accompli, le mort ne l’ébranlera pas ; ce que tu as commencé en nous par ton Esprit, la mort ne l’engloutira pas.

Non, ce n’est pas la mort aujourd’hui qui nous interpelle, c’est ta Parole créatrice.

Toi, le Vivant, toi qui es avec nous contre la mort, toi qui es avec nous pour la Vie, toi qui veux que nous soyons, avec toi, des vivants, béni sois-tu, notre Père !

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