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Saint André Dung Lac et ses compagnons

Si la chrétienté est en train de basculer du côté de l’hémisphère sud, c’est en partie grâce à l’Asie. Pourtant, l’histoire de l’évangélisation de ce continent fut, et est toujours, loin d’être un long fleuve tranquille. Japon, Chine, Corée et l’ancienne Indochine donnèrent à l’Église de nombreux martyrs, européens et indigènes. C’est le cas des martyrs vietnamiens que nous célébrons aujourd’hui.

Dès le 16ème siècle et les premières conversions, l’Église qui est au Vietnam fut persécutée.

Saint André Dung-Lac et sa centaine de compagnons martyrisés sous le règne de l’empereur Minh Mang - 1820-1841 - grandirent dans la foi en connaissant les risques qu’ils encouraient : les récits du sacrifice de leurs aînés loin de les effrayer, renforçaient leur détermination à aimer et la Croix du Christ et leurs futurs bourreaux. Plusieurs fois jusqu’au 20ème siècle, l’Église fut décapitée : évêques, prêtres, religieuses et religieux arrêtés, expulsés, torturés, mis à mort… mais à chaque fois des fidèles laïcs, parfois même tout juste catéchumènes, continuèrent à construire l’Église. 

Je ne puis que vous encourager à vous rendre en pèlerinage à la crypte des Missions Étrangères de Paris - rue du Bac - qui garde la mémoire de cette histoire à la fois tragique et pleine d’espérance. Parmi les lettres et objets personnels des martyrs membres des MEP, il y a ces émouvants rouleaux, peints quasiment sur le vif, contant la mise à mort des témoins de la foi et envoyés à Paris clandestinement ! Une Église enracinée dans une telle histoire n’a rien à craindre des tracasseries administratives actuelles. Les héritiers de tels anciens sont nécessairement prêts à affronter humiliations et difficultés de toutes sortes.  

Lorsque que l’ironie, si répandue aujourd’hui, nous blesse ou que les prétendues lourdeurs de l’Église nous poussent à la critiquer, voire la quitter, ayons une pensée pour nos frères et sœurs chrétiens d’Asie, du Proche et Moyen Orient, de Cuba… et d’ailleurs qui, au risque de leur liberté, de leur vie même, continuent à témoigner de la foi en Jésus, Christ, crucifié, mort et ressuscité pour le salut de tous ! Car le temps des martyrs n’est pas achevé : il perdure jusqu’en notre 20ème siècle ! La foi des Martyrs/Témoins d’hier et d’aujourd’hui devrait galvaniser la nôtre, nous aider à ne considérer que l’essentiel : baptisés, nous sommes des pierres vivantes de l’Église. Son présent et son avenir dépendent, aussi, de notre témoignage.

Un franciscain du Bronx

 

Sainte Flora

Flora est fille d’une mère chrétienne et d’un père musulman. Son frère suit les traces paternelles. Il est violent contre sa sœur et veut qu’elle se convertisse à l’Islam. Flora s’enfuit et se cache chez des chrétiens. Son frère fait alors emprisonner des clercs sachant que Flora ne supporterait pas de voir quelqu’un d’autre souffrir à cause d’elle. Flora revient et son frère la livre au cadi qui veut la forcer à apostasier. Sur son refus, il la fait fouetter, puis la remet à son frère pour qu’il obtienne sa conversion. Rien n’y fait.

Et une nuit, Flora s’enfuit. Enragé, son frère n’a de cesse de la retrouver. Capturée mais inflexible dans sa foi, elle est conduite avec Maria, une de ses compagnes, chez le cadi. Leur obstination l’agace. Hors de lui, il les envoie dans un sordide cachot avec des prostituées. Et, peu après, il les fait décapiter. Leurs corps sont laissés aux chiens et aux oiseaux, puis jetés dans le fleuve.

Ces faits nous sont rapportés par l’évêque de Tolède, témoin de ce martyre survenu à Cordoue le 24 novembre 851.

Pensée spirituelle :
« Aucune violence n’a jamais ajouté à la grandeur des hommes » (Jean Guéhenno)

Courte prière :
« Ô mon Sauveur, emplis mon tendre cœur d’innocence et de bonté » (Liturgie évangélique)

Avec l’aimable autorisation de Defendente Génolini