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17 mai 2020

Homélie du pape François à la chapelle Sainte Marthe – 17 mai 2020

Aujourd'hui, notre prière est pour de nombreuses personnes qui nettoient les hôpitaux, les rues, qui vident les poubelles, qui font le tour des maisons pour enlever les détritus : un travail que personne ne voit, mais qui est nécessaire pour survivre. Que le Seigneur les bénisse et les aide.

 

Lors de l’adieu à ses disciples, Jésus les tranquillise, et leur donne la paix assortie d’une promesse : "Je ne vous laisserai pas orphelins. Il les protège de cette douleur, de ce douloureux sentiment d’être abandonnés. Aujourd'hui, dans le monde, il y a un grand sentiment d’abandon : les gens ont beaucoup de choses, mais le Père manque. Et dans l'histoire de l'humanité, cela se répète : quand le Père manque, il manque quelque chose, et il y a toujours le désir de rencontrer et de trouver le Père, même dans les mythes anciens. Pensons aux mythes d'Œdipe, de Télémaque, et à bien d'autres encore : toujours chercher le Père qui manque. Aujourd'hui, nous pouvons dire que nous vivons dans une société où le Père manque, un sentiment d’abandon qui affecte la fraternité.

C'est pourquoi Jésus promet : je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur. Je pars, dit Jésus, mais un autre viendra qui vous enseignera comment accéder au Père. Il vous rappellera l'accès au Père. L'Esprit Saint ne vient pas pour "se faire des clients", il vient pour signaler l'accès au Père, pour vous rappeler l'accès au Père, celui que Jésus a ouvert, celui que Jésus a montré. Il n'y a pas une spiritualité du Fils seul, ou du Saint-Esprit seul : le centre est le Père. Le Fils est celui qui est envoyé par le Père et retourne au Père. L'Esprit Saint est envoyé par le Père pour rappeler et enseigner l'accès au Père.

Ce n'est qu'avec cette conscience d’enfants qui ne sont pas orphelins que nous pouvons vivre en paix entre nous. Les guerres, petites et grandes, ont toujours une dimension d'orphelinat : il n'y a pas de Père pour faire la paix. C'est pourquoi, lorsque Pierre demande à la première communauté d’expliquer au peuple pourquoi ils sont chrétiens, il dit : faites-le avec douceur et respect, ayez une conscience droite, c'est-à-dire avec la douceur que donne l'Esprit Saint. L'Esprit Saint nous enseigne cette douceur, cette délicatesse des enfants du Père. L'Esprit Saint ne nous apprend pas l’insulte. Et une des conséquences du sentiment d’abandon est l'insulte et les guerres, parce que s'il n'y a pas de Père, il n'y a pas de frères, nous perdons la fraternité. Ce sont – la douceur, le respect – des attitudes d'appartenance à une famille qui est sûre d'avoir un Père.

Je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui vous rappellera comment accéder au Père, il vous rappellera que nous avons un Père qui est le centre de tout, l'origine de tout, l'unité de tous, le salut de tous parce qu'il a envoyé son Fils pour nous sauver tous. Et maintenant, il envoie l'Esprit Saint pour nous rappeler comment accéder à Lui, au Père et, à partir de cette paternité, adopter une attitude fraternelle de douceur et de paix.

Demandons à l'Esprit Saint de nous rappeler toujours, toujours, cet accès au Père, de nous rappeler que nous avons un Père. Et à cette civilisation, chez qui existe un grand sentiment d’abandon, donnez la grâce de trouver le Père, le Père qui donne un sens à toute vie et qui transforme les hommes en famille.

 

Communion spirituelle

Mon Jésus, je crois que tu es vraiment présent dans le Saint-Sacrement de l'autel. Je T'aime par-dessus tout et Te désire dans mon âme. Puisque je ne peux pas Te recevoir maintenant sacramentellement, viens au moins spirituellement dans mon cœur. Comme si Tu étais déjà venu, je T'embrasse et en toutes choses je m’unis à Toi. Ne permets que je me sépare de Toi.

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