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9 novembre 2020

Angelus Place St Pierre - 8 novembre 2020

Chers frères et sœurs, bonjour !

Le passage de l’Evangile de ce dimanche (Mt 25, 1-13) nous invite à prolonger notre réflexion sur la vie éternelle, commencée à l’occasion de la fête de la Toussaint et de la commémoration des fidèles défunts. Jésus raconte la parabole des dix vierges invitées à une fête nuptiale, symbole du Royaume des cieux.

A l’époque de Jésus, la coutume  était que les noces soient célébrées la nuit; c’est pourquoi le cortège des invités devait avancer avec des lampes allumées. Certaines jeunes filles sont insensées: elles prennent leurs lampes mais elles n’emportent pas d’huile; celles qui sont sages, en revanche, prennent aussi de l’huile avec leurs lampes. L’époux tarde, il tarde  à venir, et toutes s’assoupissent. Lorsqu’une voix prévient que l’époux va arriver, les insensées s’aperçoivent à ce moment-là qu’elles n’ont pas d’huile pour leurs lampes; elles en demandent aux sages, mais celles-ci répondent qu’elles ne peuvent pas en donner, car elle ne suffirait pas pour toutes. Tandis que les insensées vont acheter l’huile, l’époux arrive. Les jeunes filles sages entrent avec lui dans la salle du banquet, et la porte est refermée. Les autres arrivent tard et sont  refoulées.

Il est clair que par cette parabole, Jésus veux nous dire que nous devons être prêts à la rencontre avec Lui. Pas seulement la rencontre finale, mais aussi aux petites et grandes rencontres de tous les jours en vue de cette rencontre, pour laquelle la lampe de la foi ne suffit pas, il faut aussi l’huile de la charité et des bonnes œuvres. La foi qui nous unit vraiment à Jésus est celle, comme le dit l’apôtre Paul, qui «agit par la charité» (Ga 5, 6). C’est ce qui est représenté par l’attitude des jeunes filles sages. Etre sages et prudents signifie ne pas attendre le dernier moment pour répondre à la grâce de Dieu, mais le faire activement tout de suite, commencer maintenant. «Moi… oui, plus tard je me convertirai…» — «Convertis-toi aujourd’hui! Change de vie aujourd’hui!» — «Oui, oui… demain». Et on dit la même chose le lendemain, et ainsi demain n’arrivera jamais. Aujourd’hui! Si nous voulons être prêts pour la dernière rencontre avec le Seigneur, nous devons dès à présent coopérer avec Lui et accomplir de bonnes actions inspirées par son amour.

Nous savons qu’il arrive, malheureusement, d’oublier l’objectif  de notre vie, c’est-à-dire le rendez-vous définitif avec Dieu, en perdant ainsi le sens de l’attente et en absolutisant le présent. Quand quelqu’un absolutise le présent, quand il  regarde seulement le présent, il  perd le sens de l’attente, qui est si beau, et si nécessaire, et qui nous sort également des contradictions du moment. Cette attitude — quand on perd le sens de l’attente — exclut toute perspective de l’au-delà: on fait tout comme si on ne devait jamais partir pour l’autre vie. Et alors on se préoccupe seulement de posséder, de faire carrière, d’arranger ses affaires... Et toujours plus. Si nous nous laissons guider par ce qui nous semble plus attirant, par ce qui nous plaît, par la recherche de nos intérêts, notre vie devient stérile; nous n’accumulons aucune réserve d’huile pour notre lampe, et  celle-ci s’éteindra avant la rencontre avec le Seigneur. Nous devons vivre l’aujourd’hui, mais l’aujourd’hui orienté vers demain, vers cette rencontre, l’aujourd’hui chargé d’espérance. Si au contraire nous sommes vigilants et que nous faisons le bien en répondant à la grâce de Dieu, nous pouvons attendre avec sérénité l’arrivée de l’époux. Le Seigneur pourra venir même pendant que nous dormons: cela ne nous inquiétera pas, parce que nous avons la réserve d’huile que nous avons accumulée avec les bonnes œuvres de tous les jours, accumulée avec cette attente du Seigneur,  qu’Il vienne le plus tôt possible et qu’il nous emmène avec Lui.

Invoquons l’intercession de la Très Sainte Vierge Marie pour qu’elle nous aide à vivre, comme elle l’a fait, une foi active: elle est la lampe allumée avec laquelle nous pouvons traverser la nuit au-delà de la mort et parvenir à la grande fête de la vie.

— Carpe Deum

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