Retour Le Kiosque  

5 décembre 2020

Neuvaine à l’Immaculée Conception – 7ème jour

Nous rassembler ici, place d’Espagne, en la fête de Marie Immaculée, nous fait nous sentir unis sous le signe de la foi, et je voudrais partager avec vous certaines réflexions, suggérées par l’Évangile de l’Annonciation.

Tout d’abord, le fait que ce moment décisif pour le destin de l’humanité, le moment où Dieu s’est fait homme, est enveloppé par un grand silence qui nous frappe toujours et nous fait réfléchir. La rencontre entre le messager divin et la Vierge Immaculée passe totalement inaperçu : personne ne sait, personne n’en parle. C’est un événement qui, s’il avait lieu à notre époque, ne laisserait pas de traces dans les journaux ni dans les revues, parce que c’est un mystère qui a lieu dans le silence. Ce qui est vraiment grand passe souvent inaperçu, et le silence tranquille se révèle plus fructueux que l’agitation frénétique,  que l’activisme qui nous rend incapables de nous arrêter, de rester tranquilles, d’écouter le silence dans lequel le Seigneur fait entendre sa voix discrète. Or la voix de Dieu ne se reconnaît pas dans le fracas et dans l’agitation ; son dessein sur notre vie personnelle et sociale ne se perçoit pas en restant à la surface, mais en descendant à un niveau plus profond, où les forces qui agissent ne sont pas économiques et politiques, mais morales et spirituelles. C’est là que Marie nous invite à descendre, et à nous syntoniser avec l’action de Dieu.

Il y a une deuxième chose, encore plus importante, que l’Immaculée nous dit lorsque nous venons ici, c’est que le salut du monde n’est pas l’œuvre de l’homme – de la science, de la technologie, de l’idéologie – mais qu’elle vient de la Grâce. Que signifie ce mot ? La Grâce signifie l’amour dans sa pureté et dans sa beauté, c’est Dieu lui-même tel qu’il s’est révélé dans l’histoire du salut, racontée dans la Bible, et pleinement en Jésus Christ. Marie est appelée la « pleine de grâce » et avec son identité, elle nous rappelle le primat de Dieu dans notre vie et dans l’histoire du monde, elle nous rappelle que la puissance d’amour de Dieu est plus forte que le mal, qu’elle peut combler les vides que l’égoïsme provoque dans l’histoire des personnes, des familles, des nations et du monde.

La troisième chose dont nous parle Marie Immaculée est la joie, une joie authentique qui se diffuse dans le cœur libéré du péché, car le péché porte en lui une tristesse négative, qui conduit à se replier sur soi. La Grâce apporte la véritable joie, qui ne dépend pas de la possession des choses, mais est enracinée à l’intérieur, au plus profond de la personne, et que rien ni personne ne peut enlever. Le christianisme est l’annonce de la victoire de la Grâce sur le péché, de la vie sur la mort. Et s’il comporte des renoncements et une discipline de l’esprit, du cœur et du comportement, c’est précisément parce que dans l’homme, il y a la racine vénéneuse de l’égoïsme, qui fait mal à soi-même et aux autres. Il faut donc apprendre à dire non à la voix de l’égoïsme, et à dire oui à celle de l’amour authentique. La joie de Marie est totale, parce que dans son cœur, il n’y a pas l’ombre du péché. Cette joie coïncide avec la présence de Jésus dans sa vie : Jésus est la joie de Marie et il est la joie de l’Église, de nous tous.

En ce temps de l’Avent, que Marie Immaculée nous apprenne à écouter la voix de Dieu qui parle dans le silence ; à accueillir sa Grâce, qui nous libère du péché et de tout égoïsme, pour goûter ainsi la vraie joie. Marie, pleine de grâce, priez pour nous !

 

Benoît XVI, 8 décembre 2012, Hommage à l’Immaculée Conception, Piazza di Spagna (Rome)

— Carpe Deum

  • 6
  • Ajouter un commentaire